Rothschild & Co signe un semestre historique

En six mois, la banque a affiché un résultat net meilleur que celui de la totalité de son année record.
(Bloomberg)

Tous les débuts d’année de Rothschild & Co ne pourront pas ressembler à celui-ci. Sur les six derniers mois, la banque affiche des résultats supérieurs à sa meilleure année pleine. Ses revenus atteignent 1,35 milliard d’euros, en hausse de plus de 60% par rapport aux six premiers mois de 2020. Son résultat net, à 346 millions d’euros, a plus que quintuplé par rapport aux 65 millions d’euros de la même période de l’année passée. A titre de comparaison, sur la totalité de l’année 2018, année alors record pour la banque, elle avait totalisé un résultat net de 303 millions d’euros.

Carton plein

Tous les métiers de la banque ont profité du rebond. La banque d’affaires a dégagé un niveau record de revenus, à 833 millions d’euros, en hausse de 57% par rapport au premier semestre 2020. « L’activité de la banque d’affaires a été très soutenue dans toutes nos expertises et toutes les géographies » déclare à L’Agefi François Pérol, managing partner et co-président du comité exécutif de Rothschild & Co. Les revenus de l’activité de fusions et acquisitions progressent de 50 %, à 573 millions d’euros. « Nous sommes premiers en Europe concernant les fusions et acquisitions, et sur le podium au niveau mondial »se félicite le dirigeant. En conseil en financement, la progression est de 80 % à 260 millions d’euros de revenus. « Nous avons conseillé plus d’introduction en Bourse en Europe qu’aucun autre conseiller indépendant »précise François Pérol.

La banque privée affiche elle aussi un nouveau record, concernant sa collecte. Elle a capté 3,7 milliards d’euros de flux nets en un seul semestre, alors que cette même collecte se montait à 2,5 milliards d’euros pour la totalité de l’année 2020. Les chiffres du premier semestre prennent en compte un mandat exceptionnel de conseil que la banque a conclu en Allemagne, pour un milliard d’euros. Au total, les encours sous gestion du groupe se montent à 87,5 milliards d’euros, en hausse de 12 % par rapport aux 78,1 milliards d’euros en décembre 2020.

Les revenus de la banque privée et de la gestion d’actifs ont atteint 274 millions d’euros, en hausse de 9 % par rapport au premier semestre 2020, pour un résultat avant impôt de 58 millions d’euros, en progression de 39% sur un an. Ces chiffres n’incluent pas l’activité de Pâris Bertrand, la société de gestion privée que le groupe a rachetée en 2020 et qui compte 6 milliards d’euros d’actifs.

Enfin, les activités de capital investissement et de dette privée ont vu leurs revenus revenus du premier semestre 2021 multiplié par plus de quatre en un an, à 235 millions d’euros et le profit avant impôt s’est établi à 185,3 millions d’euros, contre un peu moins de 10 millions d’euros au premier semestre 2020. Cette progression s’explique par des plus-values de cessions dans ses secteurs de prédilection que sont la santé, les logiciels et les services technologiques, et par la poursuite de la croissance des revenus récurrents.

Un pipeline rempli

Même s’il ne faut pas s’attendre à ce que la banque réitère au second semestre des performances aussi exceptionnelles qu’au premier semestre, pour les mois qui suivent, « nous restons optimistes, anticipe François Pérol. Nous avons toujours de nombreuses opérations en attente dans la banque d’affaires et la collecte de la banque privée a continué d’être dynamique pendant les mois de juillet et d’août ».

La banque reste attentive aux opérations de croissance externe. Avant la fin de l’année, elle aura définitivement intégré les équipes de Pâris Bertrand. Elle pourra se concentrer sur d’autres cibles éventuelles.  

Rothschild & Co confirme au passage son intention, si la restriction de la Banque centrale européenne sur les dividendes est effectivement levée fin septembre, de verser au mois d’octobre un acompte exceptionnel de 1,04 euro par action au titre de l'exercice 2021, et ce afin de compenser la différence entre le dividende effectivement distribué au titre des exercices 2019 et 2020. Elle se livrera aussi à des rachats d’actions sur 12 mois pour un montant de 70 millions d’euros, le maximum que lui permet la réglementation.