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Risquer la dépression, est-ce grave docteur ?

Risquer la dépression, est-ce grave docteur ? © DR
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Les marchés se portent comme un charme, un sentiment complètement disparu depuis quelques lustres. Sous notre angle principal de vision, le CAC 40 caracole au-dessus des 5.000 points, pour de bonnes et de moins bonnes raisons comme nous le soulignions à cet endroit dans notre dernière édition. Et pourtant, nos compatriotes et néanmoins épargnants ne font pas preuve d’initiatives débordantes en tant qu’investisseurs sur les marchés financiers.

Ce n’est rien de le dire. Beaucoup de professionnels le vivent au jour le jour. Témoignage entendu très récemment de la part d’un conseil en gestion de patrimoine : « De nombreux clients viennent me voir en voulant à tout prix protéger leur capital. Dont acte : à leur écoute attentive, nous faisons des choix prudents, voire très prudents. Trop peut-être puisque, deux ou trois ans après, ils sont capables de nous reprocher une quasi-stagnation de leurs avoirs. Le rappel formalisé de nos échanges n’y suffit pas toujours, sauf à faire bouger les lignes à force de conviction. » Un sentiment confirmé en creux par un partenaire des CGP dans les registres de la retraite et de la prévoyance : « Nous constatons en effet un retour assez général vers un souhait de prise en charge pondérée du côté de nos affiliés, soit au travers d’une gestion flexible, soit au travers de mandats d’arbitrage. »

Prudence et patience sont donc deux filtres fréquents de la relation clientèle. Ce que confirment plusieurs clignotants de nos comportements. En février, les 24es Rencontres parlementaires sur l’épargne soulignaient leur concentration bien connue sur l’assurance vie et l’immobilier, les placements en Bourse ne représentant que 5 % du patrimoine financier brut des ménages français. Quant à une étude à fin 2014 sur l’investissement mondial réalisée par Legg Mason, elle observe que ces derniers figurent parmi les moins agressifs des 20 pays étudiés aux quatre coins de la planète. Mais aussi que nos fourmis apprécient de plus en plus (à 34 %) d’écouter les avis des conseillers financiers, se rapprochant de la moyenne mondiale.

De manière cynique, un proche a commis un trait d’esprit au sujet d’une tragique catastrophe : « Comment annoncer une dépression aérienne désormais ? » Les conseillers soumis à la complexité et aux aléas des marchés doivent le comprendre un peu. Est-ce grave, docteur ?

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