Philippe Setbon succède à Eric Pinon à la présidence de l’AFG

Réjane Reibaud
Eric Pinon cède sa place à Philippe Setbon, vice-président de l'AFG depuis cinq ans.

L’association française de la gestion (AFG) change de président. Après deux mandats successifs, Eric Pinon cède sa place à Philippe Setbon, le directeur général (DG) d’Ostrum, affilié de Natixis IM, vice-président de l'AFG depuis cinq ans. Le conseil d’administration qui se réunissait hier 23 juin 2022 a voté en faveur du seul candidat qui s’était présenté.

Eric Pinon, par ailleurs senior advisor de La Financière de l’Echiquier, a été élu président d’honneur comme c’est la tradition pour les anciens présidents (Yves Perrier, président d’Amundi, ou encore Paul-Henri de La Porte du Theil, ancien président de l’ex-Crédit Agricole Asset Management).

Le mandat est pour une durée de trois ans. Philippe Setbon sera entouré de trois vice-présidents élus tout comme son prédécesseur. Les deux vice-présidents actuels sont maintenus, en l’occurrence Mirela Agache Durand (qui représente le collège des filiales de gestion des assureurs en tant que DG de Groupama AM) et Guillaume Dard (qui représente les sociétés de gestion entrepreneuriales en tant que DG de Montpensier Finance). Nouvelle venue pour remplacer Philippe Setbon, Fannie Wurtz, directrice du pôle Distribution & Banques Privées, des métiers Gestion Passive & Alternative chez Amundi, prendra la troisième vice-présidence.

Se saisir de la gestion passive

Elle représentera non seulement les filiales de gestion des établissements bancaires (Amundi étant filiale du Crédit Agricole), mais symbolise également, par son parcours, la montée en puissance de la gestion passive et des ETF en France, une représentation qui manquait un peu à l’AFG. « Avec cette nomination, l’AFG se saisit de la gestion passive et de l'articulation avec la gestion active. Il sera important de travailler en amont sur la façon dont nous voulons contribuer à façonner un écosystème favorable. Je pense par exemple à la construction des indices, et en particulier des indices verts », explique à NewsManagers Philippe Setbon. En d'autres mots, ne pas se retrouver dans une situation trop compliquée pour les sociétés de gestion au regard de l’installation de la finance verte. Et aussi de savoir comment positionner la gestion passive pour qu’elle participe positivement à la transition écologique.

Fannie Wurtz aura aussi en charge les sujets liés au rayonnement international de l’AFG et à la distribution. Mirela Agache Durand sera en charge des solutions d’épargne et de la finance durable et Guillaume Dard poursuivra les travaux engagés autour de la compétitivité et de la fiscalité.

Données extra-financières

La feuille de route de Philippe Setbon prévoit d’adapter les travaux de l’AFG « en fonction de l’environnement et des membres », mais se veut très tournée vers la finance durable. « La finance aujourd’hui est verte ou elle n’est pas », souligne Philippe Setbon. Le nouveau président compte faire en sorte que l’AFG soit encore plus présente en amont des discussions avec les régulateurs sur les réformes en cours liées à l'extra-financier. Un des éléments clefs, selon lui, sera la donnée. « La donnée n’est pas normée sur les informations extra-financières. Or, nous avons besoin de cette matière première pour faire correctement nos choix d’investissement, insiste le président, il s'agit d'un enjeu majeur de souveraineté. Si certains imaginent encore que transformer la gestion d’actifs en gestion verte passe juste par le fait de remplir des données dans un ordinateur pour que cela ressorte plus vert, c’est sous-estimer les défis de notre secteur ». L’autre axe concerne le prix de ces données qui pèsent de plus en plus lourd dans les comptes de résultat des sociétés de gestion. Le président souhaite les rendre plus accessibles et encourager la concurrence au niveau des fournisseurs.

La place de l’éducation financière, un des chevaux de bataille d’Eric Pinon, ne sera pas abandonnée puisque celui-ci sera même conseiller de l’AFG sur les questions d’éducation financière. Un sujet que Philippe Setbon considère comme très important au regard du développement de l’épargne de long terme pour la retraite. "La compétitivité des cadres règlementaires et fiscaux", sera aussi bien sûr parmi les sujets d'attention.

Enfin, interrogé sur le nombre très important de sociétés de gestion (708) en France par rapport au reste de l’Europe, Philippe Setbon y voit la reconnaissance de l’expertise française dans la gestion d’actifs. Ce qui est important, selon lui, est que ces sociétés abritent physiquement des gérants sur le territoire. « C'est un élément très important du financement court terme, moyen terme et long terme de notre économie. Si nous avions les mêmes fonds gérés par des équipés basées à Londres, Singapour ou New York, alors nous n’aurions pas le même financement de l’économie », conclut-il.