L'immobilier en quête de solides fondations

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« Il n’y a plus de transactions enregistrées chez beaucoup de mes homologues. Ils sont inquiets par un tel gel du marché : les acheteurs attendent un recul significatif des prix et considèrent qu’il ne vient pas, tandis que les propriétaires de biens n’acceptent pas de bouger sur la lancée de ce qui s’est produit ces dernières années. » L’observateur est bien placé puisqu’il s’agit d’un notaire implanté en province, et de surcroît l’un des responsables de l’Ordre, donc situé au carrefour de confrères déjà très remués par le projet de réforme de leur statut. Sur les cinq points cardinaux de cette réforme, il juge que chacun pris isolément constitue un danger pour la survie de la profession. Si le marché immobilier venait à corriger sévèrement, cela serait le coup de bâton de trop pour de nombreuses petites études.

Sur ce terrain, mais cette fois-ci en impression directe, voilà ce qui pouvait être observé lors d’un événement récent ayant pour nom Patrimonia. D’abord, un nombre impressionnant de partenaires proches de la pierre : promoteurs, plates-formes, acteurs de la pierre-papier et surtout, beaucoup d’entités de défiscalisation. Au total, 57 stands représentatifs, soit plus du cinquième du total. C’est dire que les conseillers indépendants sont courtisés. On a même pu observer la présence de propositions exotiques, mais aussi d’incitations fortes sur certains lots. Plus classique sur le fond, mais originale, l’Allemagne est une destination ascendante sur la foi de ses caractéristiques diversifiées.

Ces éléments plaideraient plutôt, a contrario, pour une sélectivité hexagonale. Observons d’ailleurs les derniers indicateurs. Le réseau Century 21 vient de constater un nombre de ventes en recul de 6 % au troisième trimestre 2014 et des délais de réalisation qui s’allongent, dégradations encore plus sensibles en Ile-de-France. Un sentiment pondéré par les notaires franciliens qui notent toutefois un déficit supérieur à 10.000 ventes dans les logements anciens (de mai à juillet) par rapport au haut du marché, alors que les prix poursuivent une lente érosion. Encore faut-il souligner que plus on s’éloigne des agglomérations, plus le marché s’effondre, selon la Fnaim, et que, partout, la pression est encore beaucoup plus marquée dans le neuf.

Voilà de quoi être aux aguets dans un contexte de taux d’intérêt au plancher. A force d’entendre dire que les immeubles ne montent pas jusqu’au ciel, il reste à espérer que la situation va se normaliser dans une relative sérénité et non lézarder l’édifice au grand tort de chacun.