Les family offices gardent le cap malgré la crise

Les family offices allouent environ 35 % de leurs portefeuilles aux actifs alternatifs selon la première édition du "BlackRock Global Family Office Survey".
(Pixabay)

La confiance demeure. Le numéro un mondial de la gestion d'actifs BlackRock vient de publier la première édition de son enquête "BlackRock Global Family Office Survey". Menée auprès de 185 family offices dans le monde, l'étude révèle que malgré le contexte mondial actuel, seuls 23 % des family offices ont l'intention de modifier sensiblement leur allocation d'actifs. Quand ils l'envisagent, ces derniers évoquent principalement de leur horizon d'investissement à long terme.

L'enquête montre également que lorsque des changements ont été apportés, la priorité absolue des family offices était de trouver un substitut aux allocations obligataires, tandis que les préoccupations relatives à la valorisation des actions et aux besoins de liquidité sont placées au second plan.

En outre, la menace de l'inflation commence à susciter une plus grande attention. "Malgré le choc déflationniste initial de la crise Covid-19 sur les marchés, les family offices sont soucieux de l'impact des mesures extraordinaires de relance budgétaire et monétaire injectées dans l'économie mondiale et considèrent l'inflation comme un risque important à moyen terme", notent les auteurs de l'étude.

L'importance des actifs alternatifs

En moyenne, les family offices allouent environ 35 % de leurs portefeuilles à des classes d'actifs alternatifs. Dans ce cadre, ils consacrent 10 à 25 % de leur portefeuille au capital-investissement. Plus de la moitié (55 %) ont évoqué leur volonté d'accroître leur exposition au capital-investissement. L'enquête met notamment en évidence un changement de perception des investisseurs sur la dette privée. Historiquement, les allocations ont été faibles, 87 % d'entre eux allouant moins de 10% sur cette classe d'actifs, mais deux tiers des interrogés ont indiqué avoir l'intention d'augmenter leur exposition à l'avenir. Ces derniers sont notamment attirés par les rendements potentiels suscités par les dislocations du marché.

Source : BlackRock Global Family Office Survey 2020

De même, si les fonds spéculatifs n'ont pas été très appréciés dans un passé récent, 38 % des family offices interrogés ont déclaré avoir l'intention d'augmenter leur exposition. Ils citent la possibilité de générer des rendements significatifs, non corrélés et ajustés au risque dans un environnement de marché plus volatil, ou la possibilité de remplacer les titres obligataires.

Les investissements dans les actifs d’infrastructure représentent actuellement une composante relativement modeste de leurs portefeuilles, 56 % des investisseurs ayant une exposition de 5 % ou moins. Pourtant, on observe une nette tendance à la hausse pour les infrastructures, 62 % des interrogés ayant l'intention d'augmenter leur exposition à ces actifs

L'investissement durable devrait s'accélérer 

Plus des trois quarts (80 %) des family offices interrogés ont actuellement intégré une exposition à des investissements durables dans leur stratégie de gestion de portefeuille. "Il est de plus en plus reconnu qu'une exposition durable n'entraîne pas nécessairement un choix entre les rendements et les valeurs éthiques", précisent les auteurs de l'enquête. Ainsi, plus de la moitié (59 %) des participants jugent que la poursuite de leurs objectifs en matière de durabilité ne compromettra pas le rendement.

Source : BlackRock Global Family Office Survey 2020

En revanche, la manière dont les family offices appréhendent l'investissement durable laisse entrevoir des divergences. Parmi ceux qui investissent dans ces stratégies :

- 34% s'appuient sur des politiques d'exclusion ;

- 56% utilisent des stratégies durables dédiées ;

- 38% ont adopté la durabilité comme élément clé de leur évaluation des risques d'investissement.

L'étude révèle que les trois quarts des family offices prévoient d'accroître leur exposition à ce type d'investissement au cours de l'année à venir. "Les entretiens menés dans le cadre de de l'enquête ont également révélé que l'intérêt des family offices pour les stratégies d'investissements durables s'est accéléré pendant la crise de la COVID-19. Beaucoup ont indiqué une reconnaissance accrue des besoins de la société, en particulier des collectivités locales, et du rôle qu'ils peuvent jouer pour y répondre", peut-on lire dans l'enquête.