Les banques restent à la traîne sur le digital

Pauline Armandet
Des progrès ont été réalisés sur les prêts et les paiements digitaux en 2020, mais le chemin à parcourir reste encore long.
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Les banques sont loin d'avoir terminé leur digitalisation. C'est en substance ce qui ressort du rapport annuel de l’association européenne de management et marketing financiers (Efma) et d’Infosys Finacle mené auprès de 750 institutions financières. Seulement 7% des banques ont déployé des initiatives en matière de digitalisation en 2020, indique cette étude. En outre, «seulement 9 % [d'entre elles] se considèrent pionnières en matière d'innovation, contre 14% l'année dernière», souligne l'Efma.

Les banques ont réalisé des progrès sur les prêts (40%) et les paiements (38%) digitaux, mais le chemin à parcourir reste encore long. Conscientes de leur retard, elles estiment devoir travailler sur trois priorités d’ici fin 2021, plaçant en tête la transformation digitale, suivie par l’expérience clients et la maîtrise des coûts. Par ailleurs, la mobilité, les API (interface de programmation d'application) ouvertes, l’intelligence artificielle (IA) ainsi que le cloud sont considérés comme les technologies qui auront le plus grand impact sur le secteur bancaire au cours des douze prochains mois.

Concurrence des fintechs

Si les banques ont compris l’importance du digital, 62% déclarent néanmoins que leur transformation numérique demeure «partielle» ou que les investissements numériques ne donnent pas «les résultats escomptés». De même, plus d'une banque sur cinq serait encore dans des étapes de planification ou d’expérimentation en matière de transformation numérique.

Parmi les obstacles rencontrés pour réussir leur transformation digitale, les banques évoquent en priorité le temps et le coût de mise en œuvre (71%), l’intégration des systèmes (66%) ou encore le patrimoine technologique. Par ailleurs, «même les acteurs les plus innovants sont désormais confrontés à une forte concurrence de la part des entreprises technologiques et des fintechs et doivent innover en permanence pour se démarquer. L'engagement des clients est au centre de la réussite future», souligne John Berry, PDG de l’Efma.

Seul signe positif de cette enquête de l'Efma, selon Patrice Bernard, consultant et auteur du blog spécialisé 'C’est pas mon idée' sur les questions d’innovation dans le secteur financier, «les responsables sont désormais plus enclins à mesurer le succès de leurs initiatives à l'aune de leur réception par la clientèle et beaucoup moins, comme ils en avaient coutume jusqu'à maintenant, en comparaison de la situation de leurs pairs».