Les assureurs mondiaux privilégient l’externalisation de la gestion de leurs portefeuilles

La majorité de ces assureurs déclarent peiner à trouver un équilibre entre génération d’alpha et coût du capital, selon une étude de Natixis IM

La complexité des marchés, un besoin accru de diversification et l'engouement croissant pour les placements alternatifs poussent les assureurs mondiaux à l’externalisation de la gestion de leurs portefeuilles. C'est ce qui résulte d'une enquête de Natixis Investment Managers (IM), menée auprès de 200 CIO et membres d’équipes d’investissements opérant pour des compagnies d’assurance-vie, d’assurance IARD et de réassurance.

Dans un environnement à faible rendement, 74 % de ces assureurs disent peiner à "trouver un équilibre entre génération d’alpha et coût du capital". Les rendements obligataires ne couvrant pas suffisamment les engagements de passif, 66 % d'entre eux estiment qu’il est "essentiel d’investir dans des solutions alternatives telles que la dette privée et les actifs réels afin de diversifier le risque du portefeuille", selon l'étude. Or 97 % des répondants affirment que la réglementation les empêche d’investir dans des actifs non liquides, plus risqués. Un pourcentage en forte augmentation par rapport à l’édition 2015 de l’enquête de Natixis, lorsque la directive européenne Solvabilité II n’était pas encore entrée en vigueur. "À l’époque, environ la moitié seulement des assureurs avaient déclaré que la réglementation et les exigences de fonds propres freinaient toute tentative d’investir dans des classes d’actifs nouvelles et alternatives" soulige Natixis IM.

Par ailleurs, une majorité d'entre eux (72 %) externalisent la gestion de leurs portefeuilles. Parmi eux, les investisseurs en assurance décident d’externaliser près de la moitié (48 %) de leurs portefeuilles. Enfin, 10 % des répondants délèguent la totalité à une société de gestion externe.

"Les investisseurs sont confrontés à de nouveaux défis à mesure que la règlementation s’impose dans notre secteur. Il n’est pas surprenant de voir une majorité d’entre eux se tourner vers des spécialistes externes pour les accompagner dans l’environnement complexe du marché actuel, selon Estelle Castres, co-directeur de la distribution, France, Belux, Geneva, Monaco & Israël de Natixis IM. Si le besoin en services de conseils et d’exécution de qualité est croissant, dégager plus de ressources au sein d’équipes d’investissement déjà surchargées est un véritable challenge pour les Chief Investment Officers".