La preuve par mille des efforts de formation

Il n’est pas rare d’entendre évoquer le parallèle, en termes de pratique, entre les conseillers patrimoniaux et les médecins, chaque métier ayant ses généralistes et ses spécialistes, les uns et les autres fonctionnant en bonne intelligence vis-à-vis de leurs clients, c’est-à-dire en interprofessionnalité maîtrisée. Toutes choses égales par ailleurs, l’assimilation s’entend jusqu’à l’impérative formation liée à l’évolution juridico-financière dans un cas, à celle des sciences dans l’autre. Certes, le parcours d’enseignement médical est encadré depuis bien plus longtemps, mais les connaissances exigées de la part des experts du patrimoine, et les contraintes qui y sont liées, n’ont cessé de s’amplifier depuis au moins quinze années.

Observons qu’à ce degré de regard en arrière, correspondant approximativement à la date de naissance de ce journal, il n’existait encore qu’une poignée de cursus dédiés dans les universités, suivant loin après les deux référents qu’ont été les troisièmes cycles de Lyon III puis de Clermont-Ferrand. Mais assez vite, les offres se sont déployées, au rythme de l’appétence à l’épargne des Français et des services en offres produits et de conseils que les divers spécialistes ont été appelés à leur prodiguer. Les vagues successives de réglementations nationales et européennes ont fait le reste, tout comme la puissante imagination des financiers. Il faut se former du début à l’encore et au toujours, au risque de perdre la crédibilité et, pire, le pied.

En 2015, l’image est saisissante : notre dossier de synthèse sur les enseignements patrimoniaux dispensés aujourd’hui recense une bonne cinquantaine d’options. Dans tous les genres, du droit le plus pur à la gestion pointue, avec des développements commerciaux qui marquent constamment leur empreinte. Les écoles ont rejoint la garde première des universités, écoles grandes et parfois petites suscitant une guerre des tarifs pas toujours bienvenue. Mais globalement, l’émulation est là puisque l’éducation sort désormais de ses rangs, à Bac+5, plus de 1.000 étudiants en gestion de patrimoine chaque année, sans compter bien sûr les énormes efforts en formation continue prodigués ici et là. De toute évidence, et malgré de fortes disparités, nul ne saurait s’en plaindre.