La part de marché des néo-brokers en France explose

Par Franck Joselin, rédacteur en chef adjoint de l'Agefi Quotidien
Le pourcentage par trimestre des transactions opérées par l’intermédiaire des nouvelles sociétés de courtage est passé d’un peu moins de 10% au troisième trimestre 2018 à 21,8% au troisième trimestre 2021.
(RK.)

Les néo-brokers, souvent issus de pays étrangers, sont les grands gagnants de l’engouement croissant des jeunes générations pour les marchés d’actions. Les résultats de la dernière analyse de l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur le comportement en Bourse des particuliers sont sans appel. Réalisée en complément de la précédente réalisée en avril 2020, elle montre que le pourcentage par trimestre des transactions opérées par l’intermédiaire des nouvelles sociétés de courtage est passé d’un peu moins de 10% au troisième trimestre 2018 à 21,8% au troisième trimestre 2021. «La clientèle active par trimestre des néo-brokers a été multipliée par 12 depuis le troisième trimestre 2018 pour atteindre plus de 400.000 personnes, se rapprochant ainsi des effectifs de la clientèle active des courtiers en ligne», souligne l’AMF.

Cette augmentation de la part de marché de ces entreprises intervient de surcroît dans un contexte de forte progression des investisseurs actifs. Ceux-ci sont passés d'un million par trimestre en moyenne entre 2018 et le début de 2019, à 2,5 millions pendant les trois premiers trimestres de cette année.

Les particuliers investissant en Bourse sont aussi plus jeunes. Leur âge moyen a reculé de huit ans depuis 2018. L’essor des néo-brokers n’est pas étranger à ce recul. Pour ces intermédiaires, l’âge moyen est en effet de seulement 36 ans.

Un risque accru

Plus nombreux, plus jeunes, les clients des néo-brokers prennent aussi plus de risques que les autres. «Comparativement à la clientèle des banques et courtiers en ligne, les clients des neo-brokers semblent plus enclins à la négociation d’instruments complexes et optent pour des actions au profil différent », souligne l’AMF. Ainsi, «le palmarès des dix valeurs les plus traitées montre que les clients des neo-brokers incluent dans leur portefeuille des titres de sociétés de moindre capitalisation dans des secteurs fortement influencés par l’actualité». L’étude constate aussi que si le nombre d’ordres passés par les utilisateurs de néo-brokers est plus élevé, leur montant moyen est aussi plus faible.

Même si l’AMF ne porte pas de jugement dans son étude, ces conclusions ne sonnent pas comme une bonne nouvelle. Elles semblent plutôt mettre en garde contre un risque de gamification du trading qui pourrait toucher la France, après avoir envahi les Etats-Unis.