La France ne constate pas encore «d’effet marque» dans le conseil financier

Alors qu’aux Etats-Unis, la notoriété des conseillers patrimoniaux constitue un des premiers critères des particuliers, c’est encore loin d’être le cas en France.
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L'Agefi Quotidien

Outre-Atlantique, la notoriété de la marque constitue, pour les investisseurs particuliers, un des premiers vecteurs de choix de leur conseiller, constate l’édition du quatrième trimestre 2019 de l’étude de Cerulli Associate, The Cerulli Edge - US Retail Investor Edition. Ce n’est pas encore vraiment le cas en France, où, selon certains consultants, la structure de la distribution de produits financiers, largement dominée par les banques et soumise à l’assurance vie, tend à diminuer le poids de la marque. Les mutations observées aujourd’hui dans le secteur de la distribution, avec la transparence exigée par la directive MIF, pourraient rendre ce critère sensiblement plus important dans l’Hexagone qu’il ne l’est aujourd’hui, mais cet horizon semble encore lointain.
L'arrivée des robo-advisors pourrait changer la donne

Pour les petites structures, comme les conseillers en gestion de patrimoine, «il n’est pas encore constaté 'd’effet marque' à grande échelle», explique Aïda Sadfi, associée chez Apredia. Même les cabinets les plus importants et qui gèrent plusieurs milliards d’euros, comme Cyrus Conseil, restent encore inconnus du grand public. Cependant, l’arrivée des robo-advisors, avec leurs campagnes de publicité grand public, pourrait faire évoluer la situation. Les encours de 200 millions d’euros, gérés par Yomoni, le plus actif d’entre eux sur la communication, démontrent toutefois que ces opérations vers un public très large ne sont pas encore aussi efficaces que dans le monde anglo-saxon.

Pour les banques privées, «la marque reste importante, déclare la consultante, mais n’est pas forcément encore un critère déterminant pour les clients». D’ailleurs, lorsque Neuflize avait revendu à La Financière de l’Echiquier (LFDE) son portefeuille de clients qui disposaient de moins 500.000 euros d’avoirs, le repreneur n’avait pas constaté de départs liés à une notoriété de LFDE moindre que celle de Neuflize.

Pour les gérants d’actifs, la situation est un peu différente. «Les CGP nous rapportent qu’il n’est pas rare que leurs clients leur parlent des fonds ou des sociétés de gestion qu’ils ont identifiés», continue Aïda Sadfi. Mais quoi qu’il en soit, la France est encore très loin des Etats-Unis sur ce point.