La finance, elle aussi, respire et c’est tant mieux

L'édito de Benoît Baron, rédacteur en chef de l'Agefi Actifs.
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Nous allons aujourd’hui évoquer un patrimoine ô combien essentiel aux déclinaisons spécifiques que nous avons l’habitude de décortiquer dans ces colonnes : la terre. De son avenir et de sa sauvegarde, il en est question comme jamais en ce moment, ce dont on ne peut que se féliciter à un peu plus d’un mois de la COP 21 dont le lieu d’accueil n’est autre que Paris. Cette 21e Conférence des parties sur les changements climatiques réunissant 195 Etats et l’Union européenne dans le cadre de l’ONU est, pour reprendre les termes du site officiel de l’événement, « une étape cruciale puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat applicable à tous les pays dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C ».

Fondé sur les travaux d’un groupement d’experts intergouvernementaux (GIEC), cet objectif part du constat que la température de la planète a augmenté de 0,6 degré depuis 1950 et que, selon les hypothèses, le réchauffement pourrait être porté de 1,1 à 4,8 degrés d’ici à 2100… Principal accusé  : le gaz à effet de serre dont une étude de PwC nous apprend que l’émission a exceptionnellement chuté de 2,7 % en 2014, mais que cela ne représente que la moitié du taux annuel nécessaire pour atteindre à terme l’ambition des fameux 2°C. Inutile de souligner, donc, que chacun doit y mettre du sien, pays « développés » ou non, mais aussi ce que l’on nomme les acteurs non-gouvernementaux : régions, villes (c’est le cas de Paris avec sa Charte Action Climat), associations, entreprises… et particuliers qui prennent peu à peu conscience que leurs modes de vie doivent changer.

Parmi les secteurs économiques les plus concernés figurent l’énergie, les transports, mais encore, en levier d’accompagnement, la finance. Un certain élan existe la concernant : la semaine de l’investissement socialement responsable vient d’avoir lieu, précédant bientôt celle de la finance solidaire. Des réseaux, des forums et des labels germent autour des comportements éthique, social et environnemental et de grands établissements de la Place mettent en avant leur implication incluant des touches vertes telles que l’eau, le climat et la biodiversité. Dans le concert des chiffres, les actifs mondiaux gérés en investissement responsable auraient crû de 61 % en deux ans, passant de 13.300 milliards de dollars en 2012 à 21.400 en 2014 (source GSIA). Mieux qu’une goutte d’eau, mais l’enjeu est tel les efforts de mobilisation ne seront jamais superflus afin de concevoir des solutions de financement pour sauver la planète.