Generali France n’échappe pas aux revendications salariales

Bertrand De Meyer
Les négociations annuelles obligatoires 2023 débuteront le 13 décembre dans un climat tendu.
(Photo : AG)

L’appel au débrayage lancé par deux organisations syndicales n’a pas eu la mobilisation escomptée jeudi matin chez Generali France. Seule une centaine de salariés et d’élus a participé selon les organisations, contre une quarantaine aux dires de la direction. Mais l’intersyndicale CGT-FO, qui représente 24% des voix aux dernières élections professionnelles, rappelle qu’un tel appel au débrayage n’avait pas eu lieu depuis quinze ans chez la filiale française du groupe d’assurance italien, ce qui témoigne de l’insatisfaction concernant la perte de pouvoir d’achat provoquée par l’inflation depuis le début de l’année. «Il s’agit d’une première marche avant d’autres actions. Nous considérons que les NAO 2022 ne sont pas terminées alors que la direction attaque les NAO 2023», explique Alban Scamorri, responsable CGT chez Generali.

Alors que les négociations annuelles obligatoires (NAO) 2023 doivent débuter le 13 décembre et s’étendre jusqu’en février, CGT-FO revendique plus de 1.000 signatures sur une pétition réclamant des hausses de salaire portant sur l’année 2022. «Nous sommes dans une compagnie d’assurance florissante. Nous demandons pour 2022 d’importantes augmentations générales de l’ordre de 10% et l’indexation des salaires sur le taux d’inflation pour les années suivantes», décrit Alban Scamorri.

L’intersyndicale, qui devrait s’inscrire dans ces lignes pour 2023, regrette l’absence de réponses à plusieurs courriers envoyés à la direction. Celle-ci se veut apaisante. «Le dialogue social avec les partenaires sociaux est très actif et ne s’est jamais interrompu durant les derniers mois», nuance le groupe, qui rappelle qu’«à la demande des partenaires sociaux, des points de rencontre réguliers avec les signataires des accords des NAO ont été organisés régulièrement depuis le printemps dernier : trois réunions ont ainsi été tenues depuis avril dernier et les discussions entre les organisations syndicales et la direction ont abouti à l’ouverture d’une négociation spécifique en octobre.»

Amortir l’inflation

Interrogé sur le sujet jeudi lors d’un comité de groupe, Jean-Laurent Granier, président-directeur général de Generali France, a d’ailleurs rappelé les mesures octroyées lors de la signature d’un accord majoritaire avec quatre syndicats. Elles concernent notamment une prime de 1.000 euros, versée sur le salaire du mois d’octobre sous certaines conditions (77% des salariés l’ont touchée), la revalorisation des montants de déplacement et la possibilité de se faire payer jusqu’à 15 jours placés sur leur Compte épargne-temps (CET). «A noter également que les collaborateurs ayant participé au plan d’actionnariat salarié de Generali We Share (plan qui s’est terminé fin octobre), se verront par ailleurs octroyer le versement d’une prime exceptionnelle, représentant 20 % de leur investissement total dans le plan», précise Generali France.

La CFE-CGC, organisation majoritaire, mise sur d’autres méthodes tout en souhaitant être offensive sur les NAO 2023. «Nous souhaitons être constructif, mais si l’objectif d’amortir l’inflation n’est pas tenu, nous verrons quel moyen nous mettrons en place pour l’atteindre », annonce Francky Vincent, délégué syndical central de l’unité économique et sociale Generali et président de la Fédération Assurance CFE-CGC. «La colonne vertébrale de nos demandes sera simple : des augmentations générales pour tous les collaborateurs et tous les niveaux de rémunération. L’idée étant qu’avec des éléments périphériques, notamment du côté des hausses individuelles et de primes, nous puissions amortir l’inflation». Outre les hausses individuelles, la CFE-CGC, qui travaillera sur les éléments variables de toutes les rémunérations, entend faire, pour le personnel administratif, une proposition de forfait mobilité durable et d’une indemnisation liée au télétravail pour le personnel administratif ainsi qu'une prime gros rouleurs pour le personnel commercial.

Méthodes de travail

L’intégration des 250 salariés de la Médicale, l’ancienne filiale d'assurance des professionnels de santé de Crédit Agricole Assurances (CAA) qu’a rachetée Generali, est aussi évoquée. Alors que cette intégration se passait bien dans un premier temps, les choses évolueraient, affirment plusieurs sources concordantes. «Il existe du mécontentement parmi les salariés de La Médicale sur les méthodes de Generali», rapporte par exemple Alban Scamorri. «Ils ont un souci avec les méthodes de travail de Generali et des doléances remontent», explique une source, qui parle bien «d’une petite alerte». Jean-Laurent Granier se serait engagé à faire passer les demandes de bienveillance à l'égard des salariés à la direction de La Médicale tout en regrettant le refus des élus de l'intégration dans l’unité économique et sociale Generali.