Assurance vie

Fortis veut rassurer le marché

L’entité française du groupe d’assurances engage une campagne de communication sur sa stratégie commerciale Au-delà de la croissance organique, elle se dit ouverte à des prises de participations capitalistiques.

Tout au long de ces derniers mois, la crise a frappé les établissements financiers avec plus ou moins d’intensité. Parmi les groupes les plus affectés figure Fortis, dont la physionomie a changé du tout au tout en l’espace de dix-huit mois.

Un nouveau groupe.

Du conglomérat bancaire et d’assurance belgo-néerlandais qui n’hésitait pas à se porter acquéreur d’ABN Amro en octobre 2007, il ne reste qu’une holding regroupant des activités d’assurance, en Belgique bien sûr, où elle capte 25 % de parts de marché, via l’entité nouvellement baptisée AG Insurance (ex-Fortis Insurance Belgium), mais aussi dans le monde au travers de treize filiales logées au sein de Fortis Insurance International (dont Fortis Assurances en France).

Fin 2008, les résultats (1) font état d’un chiffre d’affaires de 6,28 milliards d’euros pour AG Insurance (dont 4,82 en vie) et de 5,33 milliards (dont 4,10 en vie) pour Fortis Insurance International (2). La perte s’élève à 28 milliards. Pour autant, le montant des capitaux propres de Fortis Insurance atteint 4,66 milliards, faisant ressortir un coefficient de solvabilité légèrement supérieur à 200 %.

Convaincre les distributeurs.

C’est sur cette base que l’assureur veut prendre un nouveau départ. En France, le directeur général de la filiale, Alain Régnault, va à la rencontre de ses partenaires pour les convaincre de la solidité du groupe (lire l’avis d’expert). Recapitalisée en 2002, puis relancée en concentrant son action sur l’épargne patrimoniale, la filiale française a souffert sur l’exercice passé des turbulences qui ont affecté sa maison mère. A la fin de l’exercice, son chiffre d’affaires reculait de 16 % par rapport à celui de 2007 pour revenir à des niveaux proches de ceux de 2006 (L’Agefi Actifs n°310, p. 2).« Les provisions mathématiques atteignaient 3,4 milliards d’euros pour un niveau de fonds propres de 130 millions et une marge de solvabilité de 145 %. Un résultat obtenu sans avoir passé de provisions pour risque d’exigibilité », met en avant Alain Régnault.

Accentuer la présence sur les indépendants.

La relance de Fortis passera par une accélération de sa présence auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI). Animés commercialement par une équipe de 13 personnes, ils ont été 300 (sur les 800 codifiés) à avoir réalisé des affaires en 2008 avec Fortis Assurances. Pour les séduire, la compagnie compte sur sa plate-forme de fonds (200 fonds et 40 sociétés de gestion) accessible dans sa gamme Privilège Gestion Active - une formule d’assurance vie à options multiples - se déclinant en trois cadres fiscaux : assurance vie, capitalisation et, depuis le mois de mai dernier, capitalisation PEA (Plan d’épargne en actions). Alain Régnault insiste aussi sur la nécessité d’adapter l’extranet baptisé Jungis, de proposer un back-office dédié et de fournir de nouvelles solutions d’ingénierie patrimoniale et sociale : « Nous allons lancer en septembre prochain une nouvelle gamme de contrats Madelin », indique-t-il. Une mise à niveau en épargne retraite et salariale est aussi enpréparation.

Quant aux 240 collaborateurs formant le réseau des salariés, dont la productivité s’est largement améliorée ces dernières années, « ils ne seront pas les laissés pour compte », avance Alain Régnault.

(1) www.holding.fortis.com - Synopsis de l’année 2008

(2) 7,09 milliards, avec les joint-ventures