Fintech : "Le maître-mot doit être la libéralisation de la donnée"

Clément Coeurdeuil, co-fondateur de Budget Insight
Selon le co-fondateur de l'agrégateur bancaire Budget Insight Clément Coeurdeuil, la nouvelle entité créée par l'AMF et l'ACPR pour encadrer les fintech est une "excellente nouvelle" qui devrait permettre au secteur de se développer davantage.

La décision de créer un guichet unique pour les Fintech est une excellente nouvelle. Concernant les agrégateurs – dont nous faisons partie – la décision de confier ce guichet à l’AMF et l’ACPR nous parait très cohérente. Lorsque les arbitrages sur la révision de la directive DSP2 auront été réalisés, ce sont les organismes nationaux qui distribueront les licences AIS et APS. Autrement dit, l’AMF et l’ACPR.

Cet accord est très positif dans le sens où nous en tant qu’acteur du monde de la finance technologique, nous avons un intérêt très fort à ce que l’Etat, les banques et les sociétés de la fintech construisent un environnement sain et sécurisé. Plus il y aura des actions qui permettront davantage d’interactions entre ces différents acteurs, meilleur sera l’environnement pour se développer.

Les détails dans l'article de l'Agefi Quotidien consacré au sujet

Ce pôle commun est d’autant plus salutaire pour notre métier que l’agrégation bancaire est au centre des métiers de la plupart des autres fintech. Nous sommes potentiellement partenaires de l’ensemble de l’écosystème fintech. Le robo-advisor qui a besoin de connaître son client, la fintech du crowdlending qui cherche à connaitre la situation financière de la PME qu’elle va financer… Toutes ces activités fonctionneront mieux avec un encadrement plus clair et un accès plus simple aux données bancaires.

Concernant l’agrégation, un sujet peut éventuellement émerger de cette nouvelle organisation chapeautée par l’AMF et l’ACPR. Celui lié aux comptes-titres, aux comptes d’assurances vie et au patrimoine. Aujourd’hui la directive DSP2 ne les prend pas en compte. Si ce nouvel environnement permettait une remontée juridique de ces problématiques, l’effet n’en serait que meilleur.

L’idée de faciliter le changement de statut d’une fintech (une piste évoquée par le secrétaire général adjoint de l’AMF Guillaume Eliet, Agefi Quotidien du 21 avril, ndlr) me semble un très bon début. Nous avons récemment noué un partenariat avec Swiss Life dans le diagnostic patrimonial. Le fait de pouvoir devenir facilement CIF est important dans l’optique de notre développement.

Enfin, s’il fallait que ce guichet unique de l’AMF et l’ACPR facilite le développement des fintech le maître-mot devrait être la libéralisation de la donnée, tout en mettant en œuvre l’objectif de sécurité que ce guichet promeut. Mettre en place des moyens simples et sécurisés pour accéder à cette donnée. Tout ce qui permettra d’aller dans ce sens sera positif.