Carmignac réalise une nouvelle année noire en 2019

La société de gestion a essuyé 9,9 milliards d'euros de rachats en 2019, autant qu'en 2018. Mais elle espère rebondir en 2020

Par Laurence Marchal, NewsManagers (Groupe L’Agefi)

Encore une année compliquée… En 2019, Carmignac a accusé des rachats nets de 9,9 milliards d’euros, après avoir déjà vu sortir 9 milliards en 2018. « La décollecte ralentit », a nuancé Didier Saint-Georges, managing director et membre du comité d’investissement de la société de gestion, au cours d’un point presse qui s’est tenu le 23 janvier. Au quatrième trimestre, elle a été de 1,2 milliard d’euros, contre 1,5 milliard d’euros au troisième trimestre. Résultat, malgré la hausse des marchés actions, les encours sont descendus à 35 milliards d’euros fin 2019, contre 42 milliards d’euros fin 2018… loin des sommets de 56 milliards d’euros atteints en 2016 et 2017. Carmignac est presque revenu au niveau de fin 2009, où ses encours s’établissaient à 33 milliards d’euros. Selon Accelerando Intelligence, la société de gestion de la Place Vendôme a été la troisième à avoir affiché les plus fortes sorties l’an dernier pour l’activité wholesale en Europe, derrière Invesco et Aberdeen.

Didier Saint-Georges a expliqué la décollecte de 2019 par les performances décevantes de 2018. Les deux principales « victimes » ont été les fonds Carmignac Patrimoine et Carmignac Sécurité. Le premier a vu sortir 4,6 milliards d’euros sur l’année dernière et vu ses encours diminuer à 12,9 milliards d’euros fin 2019. Pour le second, la décollecte a été de 3,1 milliards, et les encours de 10,6 milliards. Mais l’amélioration des performances l’an dernier suscite l’espoir pour 2020. Carmignac Patrimoine a gagné 10,55 % et Carmignac Sécurité a progressé de 3,58 % en 2019. « Cette année sera une année de redressement pour nous », a affirmé Edouard Carmignac, le fondateur et directeur des investissements de la société de gestion, dans une courte allocution au début de la conférence. « Le redressement ne se fera pas sans les performances et l’an dernier la plupart de nos fonds ont affiché des performances plus que louables », a-t-il ajouté.

Un code ESG en préparation

Le dirigeant a rappelé que sa société avait procédé à des « recrutements clés » dans les actions et l’obligataire. « Nous avons désormais l’une des meilleures équipes actions et obligataires en Europe », se félicite-t-il. Edouard Carmignac a aussi annoncé que ses équipes « mettaient la dernière main à un code ESG ». Il s’agira d’un « système d’analyse ESG propriétaire », détaille une porte-parole. « Nos principaux fonds se conformeront à ce code d’ici au printemps prochain », a déclaré le fondateur. La société de gestion n’investit plus « depuis longtemps » dans l’armement, le tabac et dans les sociétés « qui ont une gouvernance douteuse », précise une porte-parole. Plusieurs fonds ont aussi un label durable. En France, deux fonds supplémentaires viennent d’obtenir le label ISR : Carmignac Grandchildren et Carmignac Family Governed. Ils s’ajoutent à Carmignac Emergents, Carmignac Portfolio Grande Europe et Carmignac Portfolio Emerging Patrimoine qui le détiennent déjà. Enfin, concernant le futur, « sa préoccupation principale », Edouard Carmignac a brièvement évoqué sa fille, Maxime, qui pilote actuellement les activités britanniques de la société de la Place Vendôme. « Nous avons préparé l’avenir sous la houlette de ma fille Maxime », a-t-il simplement dit.