Aller de l’ici vers le conseil et la créativité

Canaliser les flux de précaution ménagers vers la source entrepreneuriale de proximité à taille réduite. » Telle est la transposition – presque – fidèle de la parole ministérielle concernant l’orientation de l’épargne des ménages vers le financement des entreprises de croissance. C’est en tout cas l’interprétation qui peut être osée en parodiant les penseurs de haute volée tenant la barre du projet de réforme du collège. N’y est-il pas question d’« aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs » pour parler des programmes de langues étrangères ou de « traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête » en lieu et place de nager ?

Tout ça pour constater, ce qui est plutôt une bonne nouvelle au-delà des jargons, que Manuel Valls entend repriser deux dispositifs destinés au tissu industriel français, dont le démarrage peine à convaincre. Le Premier ministre vient d’annoncer que la commercialisation des contrats Eurocroissance sera encouragée et le déploiement du PEA-PME stimulé grâce à un allègement de ses contraintes. Inutile de souligner que l’on ne peut que s’en réjouir à l’heure où l’investissement productif ne trouve pas ses marques en France.

Il y a pourtant des signes, comme l’enracinement progressif du financement participatif, même s’il ne concerne que des montants limités. Ou encore la relance de l’épargne salariale au travers du projet de loi pour la Croissance et l’activité. Mais ne pourrait-on aller plus loin en favorisant les produits innovants ? Nos compatriotes y seraient enclins, timidement encore puisque en février, les unités de compte ont représenté 18,5 % des cotisations en assurance vie.

Mais le frémissement est là : « Aujourd’hui, les investisseurs recherchent des solutions capables de les protéger de la volatilité des marchés, observe l’étude réalisée par Natixis Global Asset Management parue à la mi-avril, de diversifier le risque de leurs portefeuilles et de générer des rendements supérieurs. Ils sont donc prêts à investir autrement. » Mais en chats échaudés par les crises, ils veulent être rassurés et, pour franchir le pas, s’appuyer sur les conseils de professionnels avisés. Connaissant leur inquiétude vis-à-vis de la retraite avérée depuis des années, il y a vraiment une ligne droite pour la créativité et l’accompagnement personnalisé.