DDA: les courtiers en assurance face au défi de la digitalisation

Alexandre Peschet, directeur général d’Upsideo
Les courtiers en assurance font face à de multiples obligations réglementaires vis-à-vis de leurs clients. Sans outil digital adapté,ils ne peuvent plus répondre aux exigences de connaissance du client,au moment de la souscription et tout au long de la vie du contrat. La transformation digitale de leurs méthodes de travail n’est plus une option mais une obligation.

Entrée en vigueur en 2018, la directive sur la distribution d’assurances (DDA)vise à mieux protéger les souscripteurs de  contrats d’assurance en  obligeant  les  distributeurs  à proposer  à  leurs  clients  des  produits  en  adéquation  avec  leur  profil d’investisseur. Ces distributeurs doivent ainsi collecter de nombreux renseignements sur leurs clients afin d’être en  mesure  de  prouver  que  les  produits  conseillés  sont  bien  adaptés aux besoins de  ces derniers. De même, ces distributeurs, qui sont le plus souvent des courtiersen assurance ou des  courtiers-grossistes  (réseaux  de  courtiers), doivent  mettre  en  place  des  reportings  plus réguliers à destination des compagnies d’assurance. Pour répondre à ces objectifs, les professionnels concernés par la réglementation DDA sont ainsi tenus d’utiliser des  outils  adaptés  aux  exigences  des  départements  «compliance» (conformité)  des  compagnies  d’assurance. En   effet,   il est   devenu très difficile, voire impossible, de  répondre aux exigences de la réglementation DDA sans bénéficier d’un outil digital performant.

Dans  ce  contexte, les  courtierssont  incités  à  utiliser des  produits standardisés mis en place par des établissements de plus grande taille (courtiers grossistes ou compagnies d’assurance). Pour les courtiers indépendants, le coût de développement d’un outil en interne pourrait vite se révéler dissuasif alors que le recours à un prestataire extérieur s’impose plus logiquement. L’utilisation d’outils digitaux adaptés permet aux courtiers de gagner un temps précieux, grâce à  des  formulaires  préremplis,des outils de récupération automatiques et d’intégration de données  des  assureurs. Unebonne  gestion  de  la  relation  clientintègre,en  effet, des algorithmes  permettant  de  croiser  les  données,  deréaliser des  tests  de  correspondance  et d’adéquation et d’éditer les rapports obligatoires. Ce processus limite le temps d’attente du client final qui ne comprendrait pas un retardlié à des contraintes réglementaires.

Le coût grandissant de la connaissance du client (KyC)

En  outre,  cette  digitalisation des  processus  de  souscription et  du  suivi  de  la  relation  client facilite la gestion de la connaissance de ce dernier (KyC) sur toute la durée du contrat. En effet, en l’absence d’outil digital performant,  le  courtier sera contraint  de passer  un  temps considérable pour mettre à jour cette connaissance indispensable du client. LeKyC, qui passe par  la  vérification  de  l’identité  du  client  et  l’évaluation  des  risques  potentiels  liés  à l’établissement d’une relation commerciale avec celui-ci, s’avère de plus en plus coûteux et contraignant alors que la réglementation, notamment au sein de l’Union européenne, n’a cessé de se renforcer au cours des dernières années. Enfin, les contrôles de l’ACPR exigent désormais une parfaite traçabilité des démarches obligatoires   réalisées   par   les   courtiers   vis-à-vis   de   leurs   clients.   Par   conséquent,   la transformation  digitale des courtiers n’est plus une option  mais  une  obligation  pour qu’ils puissent continuerà exercer sereinement leur métier au cours des prochaines années.