Les paradoxes de l'administration fiscale pointés dans un livre

L’ouvrage « Nos Finances publiques vues de l’intérieur » est un petit livre qui devrait rassurer les fraudeurs du fisc en ce qu’il interpelle sur certains errements de l’administration fiscale française dont les pouvoirs n’ont – en théorie - de cesse d’être renforcés par les lois de Finances successives.

En quelques pages, le syndicat Solidaires Finances Publiques rappelle quelques vérités – certaines ayant déjà été signalées par la Cour des comptes - à savoir que les effectifs de la DGFIP ont fortement baissé et que son budget global fond d’année en année.  Sur ce point : « son seul budget de fonctionnement déjà amputé de 100 millions d’euros en 2013 par rapport à 2012 est projeté en diminution de 5,4 % en 2014 ».

Un « sacré » paradoxe est également évoqué. Si les contribuables ont la possibilité de déduire leurs frais de déplacement professionnels en fonction d’un barème, les agents mettant leur véhicule au service de l’administration ne sont pas traités de la même manière. D’après les auteurs, « ils sont remboursés sur la base d’indemnités kilométriques dont le taux se situe bien en deça du barème à destination des contribuables ».

En pratique, un fraudeur qui se rendrait au Luxembourg afin d’y déposer des fonds qu’il veut dissimuler déduirait de son imposition des frais professionnels à hauteur de 200 euros. Pour ce même trajet de 375 kilomètres, l’agent du fisc qui serait chargé de le suivre dans le cadre d’une enquête pour fraude fiscale au volant de son propre véhicule  serait remboursé pour un montant de 119 euros.