Les députés britanniques votent une loi reportant le Brexit

Le Premier ministre n’est pas parvenu à faire adopter sa motion pour des élections anticipées au 15 octobre.

Par L'Agefi Quotidien

C’est un nouveau drame qui s’est joué hier soir à la Chambre des communes pour Boris Johnson. Le Premier ministre britannique a en effet subi une double défaite. Dans la soirée, les députés sont parvenus à repousser la date du Brexit. Le texte, qui doit maintenant passer devant la chambre des Lords pour être définitivement adopté, a été approuvé par 327 voix pour et 299 contre, en troisième et dernière lecture. Dans ses grandes lignes, cette loi anti no-deal stipule que le Premier Ministre devra demander un report du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020 s’il ne parvient pas à négocier un accord de divorce avec l’UE d’ici au 19 octobre prochain, au lendemain du Conseil Européen organisé à Bruxelles les 17 et 18 octobre.

Le Premier ministre, qui ne veut pas de ce report, a immédiatement contre-attaqué en déposant dans la foulée une motion appellant les députés à se prononcer en faveur d’une élection anticipée le 15 octobre. Or, la motion, supportée par 298 députés, n’a pas recueilli les deux tiers des votes qui devaient assurer son succès. Sans grande surprise : le parti travailliste de Jeremy Corbyn avait indiqué qu’il ne souhaitait pas soutenir des élections anticipées avant d’être assuré de la ratification de la loi s’opposant au no-deal.
Le programme de campagne de Boris Johnson obsolète

Ce rejet tombe mal pour Boris Johnson qui pouvait d’ores et déjà s’appuyer sur un programme de campagne tout fait : plus tôt dans la journée, le Chancelier de l’Echiquier Sajid Javid avait annoncé la fin de l’austérité en promettant une hausse des dépenses publiques à hauteur de 13,4 milliards de livres en 2020-21, comparé aux prévisions de son prédécesseur Philip Hammond. Le ministre des Finances a aussi promis de débloquer deux milliards de livres pour les préparatifs du Brexit l’an prochain, apaisant ainsi la frange pro-Brexit du parti conservateur.

Pour autant, l’hypothèse d’une élection anticipée n’est pas complètement enterrée. A l’heure actuelle, les divisions restent importantes au sein du parti travailliste sur la question. La décision devra néanmoins être prise très rapidement : sauf décision de justice contraire, le Parlement britannique devrait être suspendu dès le 9 septembre prochain jusqu’au 14 octobre. La justice écossaise a d’ores et déjà rejeté hier une action intentée par 75 parlementaires pro-européens visant à bloquer cette suspension. Le juge a estimé que l'affaire relevait du «domaine de la politique» et «qu’il n’y avait pas eu d’infraction à la loi». Deux autres actions en justice doivent encore être tranchées outre-Manche.