Les assureurs français veulent une révision «chirurgicale» de Solvabilité 2

Laurence Pochard
La présidente de la FFA, Florence Lustman, a plaidé devant les députés français pour un desserrement des contraintes européennes.

La Fédération française de l’assurance (FFA) veut investir davantage à long terme. Sa présidente a défendu devant la commission des finances de l’Assemblée générale des propositions pour la réforme en cours de la directive Solvabilité 2. Les pistes de révision soumises par l’Eiopa sont perçues comme trop lourdes par la FFA.

« Les assureurs français sont très solvables, souligne Florence Lustman, la présidente de la FFA. Au 31 mars, nous étions à 240% de couverture pour les assureurs vie et à plus de 260% pour la non-vie malgré la crise. Nous avons besoin de conserver 250% de solvabilité alors que l’Eiopa veut alourdir la charge de Sovabilité 2, or plus on charge en fonds propres, plus c’est difficile de financer l’économie. Pour nous cela n’a aucun sens, nous sommes déjà très, si j’osais je dirais trop capitalisés. »

La FFA présente donc quatre propositions pour « une révision chirurgicale de Solvabilité 2, en regardant les endroits qui font le plus de dommages aux assureurs français et en proposant un ajustement le plus simple possible, » selon Florence Lustman. Il faut d’abord lever les freins excessifs aux investissements de long terme, puis mieux atténuer la volatilité globale des instruments Solvabilité 2 car lors de la chute des marchés en 2020 les assureurs ont perdu plus de 30 points de solvabilité. La FFA suggère aussi une simplification du système qui coûte cher à gérer alors que les propositions de l’Eiopa vont selon elle dans le sens d’une complexification croissante qu’elle juge inutile. Enfin, la fédération souhaiterait que la révision se penche à nouveau sur les activités en libre prestations de service, trop souvent détournées selon elle et qui engendrent de la concurrence déloyale de certains acteurs européens.

Interrogée sur le coût de la révision prévue par le président de la commission des finances, Eric Woerth, la FFA l’estime à 41 points de solvabilité pour l’assurance vie avec ensemble des propositions de l'Eiopa. Elle pointe le risque de taux d’intérêt qui fait à lui seul perdre 37 points, alors que d’autres mesures permettent de le compenser légèrement. La présidente estime que ses propositions vont dans le sens de diminuer l’impact de cette mesure et surtout de trouver des compensations.

La FFA indique avoir noué des alliances internationales pour faire valoir son point de vue sur la révision et poursuit son lobbying pour se faire entendre et ainsi mieux pouvoir jouer son rôle d'investisseur de long terme dans l'économie réelle.