L’ACPR brosse un tableau encourageant du secteur bancaire

Franck Joselin
Les sociétés financières françaises ont bien résisté jusqu’à aujourd’hui mais les dangers auxquels elles doivent faire face restent nombreux.

C’est une preuve de confiance. La déclaration de François Villeroy de Galhau vendredi dernier en faveur d’une reprise «prudente» du versement du dividende des banques n’est pas passée inaperçue. Lors d’une conférence organisée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR), le gouverneur de la Banque de France a donné un peu d’espoir au secteur bancaire. Les avis sur la fin du bannissement dividendes sont loin d’être unanimes, et les risques pour que la mesure de restriction soit reconduite au-delà du premier janvier 2021 existent. Mais cette prise de position montre que la résistance des sociétés financières françaises face à la crise l’a emportée sur les risques auxquels elles sont toujours confrontées.

Sur les neuf premiers mois de l’année, le résultat agrégé des quatre principaux groupes bancaires français a certes baissé de 39% par rapport à la même période en 2019, à 11 milliards d’euros. Cependant, même si les effets de la seconde vague de la pandémie ne sont pas encore pris en compte dans les données utilisées par l’ACPR, le contrôleur note que le capital des groupes bancaires reste solide. Laurent Clerc directeur de la direction d’étude et d’analyse des risques de l’Autorité constate «un impact relativement modéré de la crise sanitaire sur les banques», du moins jusqu’au 30 septembre 2020. Ainsi, l’ACPR souligne que tous les groupes français ont enregistré une augmentation de leur ratio de fonds propres durs (CET1) sur les neuf premiers mois de 2020. «Le sujet est aujourd’hui beaucoup moins celui de la solvabilité que de la rentabilité des institutions financières françaises», a en outre déclaré François Villeroy de Galhau.

Risques latents

Il n’empêche, les risques sont encore nombreux. L’ACPR en liste d’ailleurs plusieurs. Le risque de crédit, d’abord, reste important. Il sera conditionné par la fin des moratoires (qui concernaient 250 milliards d’euros de prêts au 30 juin 2020) et l’augmentation prévue des défaillances. Le contexte de volatilité accrue augmente par ailleurs le risque de marché. Ensuite, les taux durablement bas forcent les banques à surveiller leur rentabilité. Enfin, les risques opérationnels, notamment informatiques continuent de peser sur les organisations.