La France prolonge le bouclier tarifaire sur le gaz jusqu’à fin 2022

Fabrice Anselmi
Le gouvernement promet de remplir les réserves avant l’hiver... sans préciser comment.

Le bouclier tarifaire qui encadre les prix du gaz a été prolongé jusqu’au 31 décembre, indique un décret publié dimanche au Journal officiel. Alors que la Russie, soumise à des sanctions occidentales en raison de la guerre en Ukraine, limite ses livraisons de gaz aux pays de l’Union européenne (UE), le gouvernement français prolonge un dispositif qui permet d’amortir en partie les effets de la hausse des prix de l’énergie. Annoncé l’automne dernier, il devait prendre fin le 30 juin.

Le gouvernement s’est par ailleurs donné pour objectif de remplir à 100% les réserves de gaz d’ici à la fin de l’été - contre 60% actuellement - pour faire face aux tensions attendues l’hiver prochain. Mais sans préciser par quels moyens alors que les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) américain sont compromises depuis le 8 juin et l’explosion du site Freeport LNG. Selon le gestionnaire du réseau GRTgaz, la France pourrait faire face à un arrêt total des livraisons de gaz russe dans le cas d’un hiver «normal» mais devra recourir à des coupures ciblées chez certains gros consommateurs en cas de froid «intense ou tardif». Dans ce contexte, les grands énergéticiens français (Total, EDF, Engie) ont lancé dimanche un appel à limiter «immédiatement la consommation» d’énergies pour retrouver des marges de manœuvre.

A plus long terme, la France compte se doter d’un gros terminal méthanier flottant au Havre afin de réduire sa dépendance au gaz en provenance de Russie, a annoncé la Première ministre Elisabeth Borne. Après être monté jusqu’à 140 euros/MWh vendredi, les contrats à terme sur le gaz européen (TTF) ont vu leurs cours diminuer à 129 euros/MWh lundi, malgré le moindre approvisionnement en gaz russe, du fait du déclenchement de la deuxième étape du plan d’urgence de l’Allemagne, qui comprend, outre une surveillance plus stricte du marché, la réactivation des centrales au charbon.

Lundi, le ministre de l’Economie français a aussi souhaité que TotalEnergies renouvelle sa remise de 10 centimes par litre d’essence appliquée du 1er avril au 15 mai, en parallèle de celle de 18 centimes prise en charge par l’Etat et toujours en vigueur. L’énergéticien doit faire dans les prochains jours sa proposition pour participer à la lutte contre l’inflation… Bruno Le Maire a par ailleurs annoncé que le futur projet de loi sur le pouvoir d’achat comprendrait un dispositif visant à plafonner la hausse des loyers à 3,5% pendant un an.