Elisabeth Borne affirme le projet de réforme des retraites, mais avec prudence

La Première ministre a réaffirmé le principe de la réforme qu'elle déclare vouloir mener en lien étroit avec les corps intermédiaires, sans s'engager sur un âge de départ.

Elisabeth Borne a passé le 6 juillet son grand oral devant l'Assemblée nationale. Un discours de politique générale qu'elle n'a pas doublé d'un vote de confiance en raison de l'absence de majorité absolue de Renaissance dans l'hémicycle. 

Rapidement est venu sur le tapis le sujet de la réforme des retraites, sous les huées de l'opposition. «Notre modèle social est un paradoxe à la fois l’un des plus généreux et l’un de ceux où l’on travaille le moins longtemps», a-t-elle affirmé. «Pour la prospérité de notre pays et la pérennité de notre système par répartition, pour bâtir nos progrès sociaux, pour qu’aucun retraité avec une carrière complète ait une pension inférieure à 1 100 euros par mois, pour sortir de situations où le même métier ne garantit pas la même retraite, oui, nous devrons travailler progressivement, un peu plus longtemps», a poursuivi la ministre. 

Sur TF1 le soir-même, la Première ministre a refusé de s'engager sur un âge de départ, indiquant que le projet n'était pas «ficelé» et allait être sujet à concertations à la rentrée avec les organisations syndicales, patronales, et pourquoi pas, avec les parlementaires. Elle avait lors de sa déclaration de politique générale affirmé la volonté du gouvernement de mener chaque réforme en lien étroit avec les corps intermédiaires. Le manque de concertation était une critique récurrente de ces derniers lors du premier quinquennat. 

Déconjugalisation de l'AAH 

Faut-il y voir un appel du pied à la Nupes? Elisabeth Bore s'est prononcé pour la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé (AAH), une mesure proposée par l'opposition à plusieurs reprises pendant le dernier quinquennat et systématiquement rejeté par la majorité. Elle a également annoncé une conférence nationale sur le handicap début 2023. 

Elisabeth Borne a enfin confirmé la suppression de la redevance audiovisuelle dès l'été 2022, soit un coût pour les finances publiques de 138 euros multiplié par 20 millions de foyers.