Boris Johnson se refuse à demander un nouveau report du Brexit

Le Premier ministre britannique soumettra à nouveau aux députés des élections anticipées dès ce lundi.

L'Agefi Quotidien

Boris Johnson n’abandonne pas la partie. Les députés britanniques ont adopté mercredi soir une loi imposant au Premier ministre britannique de demander un report du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020 s’il ne parvient pas à négocier un accord de divorce avec l’UE d’ici au 19 octobre prochain. Or, Boris Johnson s’y refuse : à l’occasion hier d’un déplacement dans le West Yorkshire, le Premier ministre a promis qu’il ne demanderait pas un nouveau report du Brexit lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre prochains : «Quel est l’intérêt d’un nouveau report ? Cela n’a aucun sens», a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’il préférerait « être mort - et enterré - dans un fossé» plutôt que de s’y résoudre.

La réponse à l’impasse politique actuelle passe, selon le Premier ministre, par l’organisation d’une élection anticipée qui sera proposée à nouveau aux députés dès ce lundi juste avant la suspension du Parlement. Mercredi soir, les députés avaient déjà rejeté sa proposition d’élections le 15 octobre. A l’image de la première tentative, cette motion ne pourra être adoptée qu’avec les deux tiers des votes. Le Premier ministre compte sur le soutien du parti de Jeremy Corbyn : le leader du parti travailliste a déclaré qu’il accepterait le principe d’élections anticipées une fois la loi sur le report votée. Ce devrait être chose faite ce lundi. Or, les membres du Parti travailliste restaient hier encore divisés sur la date d’une élection anticipée.

En cas de succès de la motion, le Premier ministre proposera une date de scrutin à la Reine. Une fois cette date connue, le Parlement sera dissous 25 jours ouvrés avant. Les politiciens cesseront alors d’êtres députés et feront campagne pour leur réélection. Dans le cas contraire, Boris Johnson pourrait déposer un projet de loi qui nécessite le soutien d’une majorité simple. Mais le processus risque de traîner en longueur : le texte pourrait être amendé et devra aussi être approuvé par les Lords. L’autre possibilité serait de déclencher un vote de défiance contre lui-même qui contraindrait les députés conservateurs à voter contre leur propre Premier ministre pour forcer l’organisation des élections. Un scénario à hauts risques : Boris Johnson ne dispose plus de majorité depuis la défection de l’un de ses députés parti chez les libéraux-démocrates et l’expulsion de 21 rebelles du parti. La dernière défection en date est symbolique : Jo Johnson, son propre frère, a annoncé hier sa démission du gouvernement et de ses fonctions de député.