Assurance-vie

Les Français prêts à prendre plus de risques

Le renforcement en unités de compte est la solution la plus envisagée pour compenser la baisse des rendements du fonds en euros.

C’est un profil des épargnants français assez atypique qu’a dévoilé mardi 9 juin Fidelity International dans son étude sur la place des fonds en euros dans le patrimoine des Français (*).  A contre-courant des idées reçues, les épargnants français apparaissent informés, insatisfaits et désireux d’agir sur leur assurance-vie pour retrouver du rendement. Selon l’étude, ils sont 59% à se déclarer bien au courant de la forte baisse des rendements du fonds en euros et 80% à s’en dire insatisfaits.

Parmi les options envisagées, c’est le renforcement en unité de compte qui les convainc le plus (20% avant le confinement, 18% fin mai). L’investissement en immobilier trouve encore et toujours grâce à leurs yeux : ils étaient 14% mi-mars à envisager un support type SCPI et OPCI, 13% fin mai. Des préférences à mettre toutefois en perspectives puisque ces deux solutions sont recommandées en priorité par 66% des distributeurs.

Plus de risque mais pas sans garantie

 « Les assurés avertis ne renoncent à rien. Ils veulent à la fois du rendement et de la garantie, au moins sur une partie de leur capital », a averti Pascal Koenig, consultant chez Insight AM au cours d’une conférence presse commune avec Fidelity International. La majorité des épargnants semblent toutefois ouverts à un compromis. 27% se disent prêts à bénéficier seulement d’une garantie nette de frais (comme c’est principalement le cas aujourd’hui) et 17% n’en solliciteraient une qu’en cas de période de détention longue. Seuls 11% souhaitent qu’au moins la moitié de leur capital soit garantie.

Des distributeurs prêts à plus de conseil

Plus de 400 CGP et banquiers privés ont également été interrogés dans le cadre de l’étude. Ils ont pu faire part de leurs revendications envers leurs fournisseurs. 65% réclament des gammes d’UC plus complètes, notamment davantage de véhicules à risque limité (SRRI de niveau 2 ou 3), de véhicules immobiliers et de produits favorisant le rendement.

66% des conseillers souhaitent une relation plus profonde et plus régulière avec leurs clients. Une volonté de proximité qui tranche avec la réalité actuelle : seuls 38% des épargnants sondés indiquent avoir été contactés par leur établissement financier à propos de la baisse de rendement du fonds euros (dont 16%...par courrier). Pire, 60% des épargnants considèrent ne pas avoir reçu de proposition de solution alternative de leur part.

(*) « Fonds en Euros : Quelle place demain dans l’épargne des Français - Regards croisés entre les épargnants et leurs conseillers financiers ». L'enquête a été réalisée avec le cabinet Insight AM auprès de 1 000 souscripteurs d’un contrat d’assurance-vie et disposant d’une épargne d’au moins 10 000 euros. Sondage réalisé en deux fois : une première fois avant le confinement du 5 au 11 mars, une seconde à la fin, du 29 avril au 7 mai.