Les assureurs font valoir leur effort de guerre

Amélie Laurin
La profession devrait ajouter 200 millions d’euros au fonds de solidarité du gouvernement. Elle veut préciser l’ampleur de ses actions, face aux critiques de l'opinion et de l'exécutif.
Fédération française de l'assurance (FFA)
REA

Appelés à un «effort supplémentaire» par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, les assureurs vont mettre au moins un milliard d’euros sur la table pour financer la relance économique. Ils s’apprêtent aussi à doubler leur contribution au fonds de solidarité pour les TPE et indépendants, soit 200 millions d'euros supplémentaires. «La deuxième tranche est en préparation. CNP Assurances est prête à renouveler l’effort qu’elle avait consenti lors de la première tranche de 200 millions d’euros, déclare Antoine Lissowski, le directeur général de la compagnie. Pour nous, cela représente au total une contribution de plus de 25 millions d’euros.»

Ce nouvel abondement sera le dernier, préviennent plusieurs professionnels, sous couvert d’anonymat . «C’est une subvention qui impacte directement notre résultat et nous sommes le seul secteur d’activité à participer», pointe l’un d’eux. «On nous dit que la première tranche couvrait en fait le mois de mars et que la deuxième sera pour avril, mais nous n’irons pas au-delà», prévient un autre.

En parallèle, la Fédération française de l’assurance (FFA) tente de comptabiliser les gestes commerciaux consentis aux assurés, sous forme de remises, extensions de garanties et autres remboursements de cotisations, pour répondre à l’appel de l’exécutif à rendre l’argent aux clients. Pour le moment, chacun y va de son communiqué. La Maif a frappé un grand coup en promettant de rendre 100 millions d’euros à ses assurés auto.

Dans un premier comptage dévoilé début avril, la FFA estimait à 3 milliards d’euros le coût de la crise pour ses adhérents… sans donner le détail de son calcul. Selon plusieurs sources, l’enveloppe se répartirait en trois tranches. Tout d’abord, un milliard d’euros de mesures de solidarité, incluant les 200 millions apportés au fonds public et des initiatives dans chaque compagnie. Toutes se sont engagées à prendre en charge les indemnités journalières des femmes enceintes et personnes malades vulnérables au Covid-19, et à prendre en charge le report des loyers et cotisations de certaines entreprises.

Le deuxième milliard serait la somme du «surcoût des sinistres (santé, prévoyance…) si le confinement dure jusqu’à fin avril». «On l’estime à 1,3 milliard, moins 300 millions d’euros gagnés en assurance auto (du fait de la mise à l’arrêt du parc automobile, ndlr)», indique une source. Enfin le troisième milliard correspondrait à la perte de chiffre d’affaires du secteur, c’est-à-dire les primes non encaissées jusqu’à fin avril.