Les assureurs européens résistent face aux taux bas

Dans une étude récente, S&P Global Ratings considère que la période de taux bas qui perdure n’entame pas la solidité des assureurs européens.

L'Agefi Quotidien

L’assurance européenne se porte bien. Même si le niveau des taux particulièrement bas pénalise une partie des sociétés du secteur, celui-ci, dans son ensemble, reste à l’abri de beaucoup des problèmes qui affectent aujourd’hui les autres acteurs de l’économie. Dans une note récente, S&P Global Ratings déclare conserver sa perspective stable sur les sociétés d’assurance européennes, considérant que leurs fondamentaux restent solides. Selon l’agence de notation, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ou les doutes pesant sur la croissance mondiale n’ont que peu d’effets directs à court terme pour la plupart d’entre elles.

Les sociétés d’assurance vie, plus sensibles aux taux bas que les autres, restent les plus fragiles. Elles disposent tout de même de divers moyens pour tenter de résister à cette situation, explique S&P. Elles peuvent orienter l’épargne de leurs clients vers de nouveaux véhicules d’investissement, comme en France, où les unités de comptes sont aujourd’hui largement mises en avant au détriment du fonds en euros dans les contrats. Elles peuvent aussi se diversifier dans des activités telles que la prévoyance ou la santé. Mais l’étude relève aussi que cette situation persistante sur les taux a, paradoxalement, «obligé les assureurs à se concentrer sur la baisse de leurs dépenses et à faire pression pour adapter leur tarification». Face à l’adversité, les sociétés sont donc devenues plus efficientes qu’elles ne l’étaient auparavant, et donc plus à même de résister à une conjoncture qui leur est pourtant défavorable.

De leur côté, les assureurs non–vie se révèlent moins sensibles à l’évolution des taux, même si ils ont vu le rendement de leurs investissements baisser. Leurs primes ont en effet globalement augmenté en 2019 et S&P anticipe une poursuite de cette hausse en 2020. Ainsi, l’organisme attend un ratio combiné aux alentours de 95 % sur le secteur, reflétant des compagnies profitables, et des marges élevées, à part sur le marché très concurrentiel de l’assurance dommages et habitation en Grande-Bretagne.

Finalement, explique l’organisme de notation, «nous prévoyons que les assureurs européens afficheront des performances solides et maintiendront des bilans et une capitalisation solides pour les deux prochaines années». Même si à long terme, met en garde S&P, les faibles rendements persistants pourraient entraîner des dégradations.