L’assurance vie fait mieux que résister en juin

Selon les derniers chiffres publiés par la Fédération française de l’assurance (FFA), la collecte nette en assurance vie a atteint 2,4 milliards d’euros, contre 1,8 milliard au mois de mai. Un chiffre en ligne avec la moyenne mensuelle de collecte nette depuis le début de l’année (2,5 milliards d’euros). Sur le premier semestre, la collecte nette se monte donc à 15,1 milliards d’euros, en croissance de 30 % par rapport aux 11,7 milliards collectés au premier semestre 2018 et en croissance de 55 % par rapport aux 9,7 milliards du dernier semestre.

Les cotisations mensuelles totales (en assurance vie en euros et en unités de compte) se sont élevées à 12,1 milliards d’euros au mois de juin, contre 11,6 milliards d’euros en mai. La collecte en unités de compte se redresse légèrement, à 3,1 milliards d’euros, soit le montant le plus important atteint durant le premier semestre. Les prestations, quant à elles, restent stables, avec 9,8 milliards d’euros versés par les assureurs, identiques à celles observées en mai.

Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, analyse cette situation à l’aune de phénomènes conjoncturels, mais aussi structurels. Du point de vue conjoncturel, « l’assurance vie bénéficie de l’augmentation du pouvoir d’achat et de l’aversion des ménages aux risques d’où le poids important de la collecte des fonds euros. Loin de freiner l’assurance vie, la vitalité de l’immobilier semble même lui être profitable. Les ménages pour acquérir un logement sont contraints de disposer d’apports personnels plus importants ce qui les conduit à épargner davantage », explique le professionnel. Mais il estime aussi, de manière beaucoup plus durable, que « le vieillissement de la population engendre une hausse naturelle du taux d’épargne et une progression de l’assurance vie qui constitue le produit d’épargne de référence des plus de 45 ans ».

Si, mis à part en décembre où, exceptionnellement une décollecte nette de 700 millions avait été observée, les chiffres de l’assurance vie restent robustes et la collecte régulière. Mais dans les mois qui viennent, la métrique sur ce véhicule pourrait évoluer, non seulement par une évolution de la conjoncture - peu prévisible –, mais aussi par l’émergence du plan d’épargne retraite (PER) lancé cet été par le gouvernement. Les compagnies pourraient ainsi favoriser certains arbitrages entre l’assurance vie – notamment celle concentrée sur les fonds en euros – vers le nouveau PER davantage exposé aux actifs risqués.