L’Afer veut refondre la gestion de son fonds en euro

Le président de l’Afer, Gérard Bekerman, doit rencontrer aujourd’hui les dirigeants de la Macif. L’association voudrait un rendement autour de 2 %.
Gérard Bekerman
président de l’Afer (Crédit Afer)

Après des semaines de bataille pour racheter Aviva France, la Macif va peut-être maintenant s’attaquer au plus difficile. Gérard Bekerman, le président de l’Afer, avec ses plus de 700.000 épargnants et 55 milliards d'euros d'encours, va rencontrer aujourd’hui les dirigeants de l’assureur mutualiste. Et ses exigences sont fortes.

Le président de l’Afer voudrait une refonte du fonds en euro de son contrat, comprenant, par exemple, le remplacement de la dette française (OAT) par des fonds de dette et de crédit aux petites et moyennes entreprises. Cela lui permettrait d’assurer à ses adhérents un rendement proche de 2 % (contre 1,7 % en 2020), et de reconstituer sa provision pour participation aux bénéfices (PPB). Cette solution avait notamment été proposée à l’Afer par Athora, un des repreneurs potentiels. La condition paraît difficile à respecter pour la Macif. Les 2 % de rendement visés apparaissent en effet bien bien loin des 1,25 % de certains fonds en euro du mutualiste. « Nous voudrions que les gérants du fonds en euro adoptent le modèle Afer plutôt que le leur », explique Gérard Bekerman à L'Agefi.

Un ADN proche  de celui de la Macif

Ensuite, l’Afer souhaite ouvrir la gamme des unités de compte pour développer l’architecture ouverte. Ofi AM, la société de gestion de la Macif, ne sera donc pas la seule à avoir livre ouvert sur les unités de compte du contrat.

Enfin, Gérard Bekerman est sensible aux arguments que lui avait avancé Eurazeo, un autre repreneur potentiel, qui pronait le financement du tissu économique français.

Jusqu’ici, l’Afer se plaisait à se poser en arbitre de la cession d’Aviva France. Maintenant, l’association, en tant que premier client d’Aviva vie est partie prenante. Gérard Bekerman estime que « la décision de la directrice générale d’Aviva Amanda Blanc [de céder Aviva France à la Macif] est source d’espérances ». Mais il ajoute aussitôt, non sans provocation, qu’« il est dommage que chacun des repreneurs potentiels (le duo Athora – Allianz, Eurazéo et Macif, ndlr) n’aient pas chacun un tiers d’Aviva France. Car si chacun avait des faiblesses, potentielles, chacun a des atouts ».

Les tractations entre l’Afer et la Macif devraient s’étaler sur plusieurs semaines. Et si Gérard Bekerman admet que « l’Afer et la Macif ont des ADN proches », cela n’empêchera pas les discussions d’être tendues.