Jean-François Husson prend la température auprès des agents généraux

Mathilde Castagna
Le sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle a rencontré les représentants des agents généraux en vue de l’ouverture des discussions autour de son projet de loi sur la protection des épargnants prévue le 31 janvier prochain.

Opération séduction ou simple consultation ? Jean-François Husson, sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle et rapporteur général de la commission des finances a reçu les représentants des agents généraux, quelques jours seulement avant l’ouverture de la discussion en séance publique de sa proposition de loi rédigée à quatre mains. Cette dernière concerne la protection des épargnants et fait suite au rapport publié en 2021 par le sénateur lui-même et son prédécesseur Albéric de Montgolfier, sénateur d'Eure-et-Loir, également auteur du texte de loi.

Contrairement à France Assureurs, les représentants des agents généraux sont plutôt optimistes. «Nous avons effectivement rencontré le sénateur afin d'échanger sur ce projet de loi. Nous nous réjouissons de pouvoir mettre en avant notre relation de conseil et de proximité avec nos clients», explique Benjamin Proux, président adjoint Agéa et agent général Swiss Life.

Ouverts à la transférabilité mais pas avant 8 ans

Florence Lustman, présidente de France Assureurs s’était notamment attardée lors de l’annonce de ses vœux 2023, sur l’article 7 du projet de loi, dans lequel les deux sénateurs suggèrent d’aller plus loin que la loi Pacte en matière de transférabilité des contrats d’assurance vie. En effet, ils proposent d’autoriser les transferts de contrats entres les compagnies d’assurance.

Sur ce point, le président adjoint de la fédération nationale des syndicats d’agents généraux d’assurance pose ses conditions, mais ne ferme pas la porte. «Nous pensons que c’est une option – avec des conséquences très lourdes au plan financier, organisationnel et actuariel pour les compagnies - mais nous avons clairement annoncé au sénateur que le transfert ne pouvait pas se faire avant huit ans de détention».

«Notre relation avec nos clients s’étend sur le long terme et nous ne pouvons imaginer une relation à court et moyen terme… Or, cette mesure peut provoquer un changement dans la structure de nos échanges, argumente Benjamin Proux. Cependant, les cycles financiers sont aujourd’hui raccourcis et demande désormais une constante adaptation. C’est sous cet angle que notre force qui est la proximité avec les épargnants, peut être notre force».

Transparence des frais, mais pas de sur-information

Concernant le renforcement de la transparence des frais qui devrait provoquer selon Jean-François Husson et Albéric de Montgolfier une «baisse des frais généralisée», les intermédiaires ont partagé leur crainte. «La transparence quotidienne des frais reste primordiale dans la relation client afin de démocratiser au maximum nos offres au grand public mais la-sur information n'est pas forcément la solution. Nous sommes d’ores et déjà sur un marché hyper concurrentiel», ajoute Benjamin Proux.

Les représentants des agents généraux ont également profité de l’occasion pour partager avec le sénateur leur regret concernant le manque de supports responsables et locales sur le marché. «Depuis la crise sanitaire, la clientèle est très sensible aux investissements responsables quitte à limiter son rendement. Ils sont à la recherche de sens pour leur épargne», conclut le président adjoint d’Agéa.

Les discussions débuteront en séance publique le 31 janvier prochain. En attendant, la commission des finances a effectué aujourd’hui l’examen préalable du texte.