AG2R La Mondiale se renforce en retraite supplémentaire

L'Agefi Quotidien
Le groupe a dégagé un résultat net en hausse de 6,4% en 2017. Il assume un fort recul de l’activité assurance vie, refusant des souscriptions sur son fonds euros.

Le groupe de protection sociale AG2R La Mondiale a annoncé vendredi 13 avril des résultats en hausse pour 2017 (+6,4%), notamment grâce au développement de la retraite supplémentaire. Un véritable jeu de bascule a eu lieu l’année dernière, avec une nette baisse de la collecte en épargne (principalement assurance vie), qui a chuté de 21,5%, tandis que l’activité retraite supplémentaire augmentait de 29,4%, aidée par le transfert d’une nouvelle institution de prévoyance (Valmy) et d’opérations exceptionnelles.

L’activité d'épargne étant plus conséquente que celle de la retraite supplémentaire, le chiffre d’affaires de la Sgam AG2R La Mondiale a baissé, au total, de 3%, l’activité en santé-prévoyance étant par ailleurs en légère hausse (+2,9%).
Un milliard collecté sur les UC

La chute de l’activité en assurance vie est assumée : elle correspond à la volonté du groupe de freiner fortement la collecte sur les fonds euros en cette période de taux bas afin, comme le souligne André Renaudin, directeur général du groupe «de ne pas diluer le rendement» dont bénéficient les actuels épargnants. Quand AG2R La Mondiale doit placer un euro, celui-ci ne rapporte en moyenne que 1,64%, alors que le rendement de l’actif général atteint encore, en 2017, 3,22% : tout nouveau placement fait donc mécaniquement baisser encore plus ce rendement.

Voilà pourquoi André Renaudin se félicite d’une collecte nette négative pour les contrats en euros, les retraits ayant dépassé de 100 millions d’euros les versements, tandis que les supports en unité de compte (UC hors actif général) engrangent, par ailleurs, un milliard d’euros. Les UC ont représenté 36,7% de l’ensemble des cotisations en 2017.

Au moment où le groupe dégage des excédents dans la gestion de la retraite complémentaire (50 millions) et se renforce donc en retraite supplémentaire, son dirigeant voit d’un mauvais œil les projets gouvernementaux en la matière. Il souligne l’incongruité de produits d’épargne avec sortie en capital auxquels on accorderait, comme pour les produits retraite, une déduction fiscale à l’entrée, affirmant que cela le «stupéfie». Alors que le gouvernement a tourné casaque, privilégiant la sortie en capital plus favorable aux gestionnaires d'actifs après avoir prôné en début d’année la sortie en rente, André Renaudin répond simplement que «certains lobbies sont plus puissants». Par ailleurs, il confirme des discussions avec la Mutuelle Générale, révélées par L'Agefi.