Afer et Gaipare prônent la diversification

Jade Grandin de l'Eprevier, Agefi Quotidien
Face à la baisse des taux qui pèse sur les fonds en euros, les deux spécialistes de l'assurance vie misent sur le viager ou encore les actifs réels.

L'association d’épargnants Afer, la première de France avec 730.000 adhérents et 51 milliards d’euros d’encours à fin 2016, dont 9,2 milliards d’euros en unités de compte (UC), a déclaré hier vouloir lancer d’ici à fin 2017 trois nouvelles offres d’investissement. Elle lancera une Sicav patrimoniale dont la gestion sera déléguée à un établissement différent de son partenaire historique Aviva France, «avec l’accord de ce dernier», a souligné Gérard Bekerman, président de l’association. «Il ne s’agit pas de faire du Carmignac bis, a-t-il détaillé. Ce sera la première Sicav totalement diversifiée dans toutes les classes d’actifs.» Ce produit, qui n’a pas encore reçu l’agrément des autorités, visera des actifs en Europe «et pourquoi pas aux Etats-Unis où nous pouvons bénéficier de l’expertise d’Aviva», s’est enthousiasmé Gérard Bekerman.

Interrogé sur les velléités de diversification et de garantie en capital des épargnants de l’Afer, Patrick Dixneuf, directeur général d’Aviva France, a répondu: «Il faut faire attention à la promesse faite au client. […] Vous me connaissez: soit je fais bien, soit je ne fais pas.»

L’Afer veut également créer un fonds viager d’ici à la fin d’année. Elle compte dans son vivier d'adhérents 430 centenaires et 90.000 ont plus de 80 ans. En revanche, le projet évoqué en janvier 2016 de Sicav liée à un droit d’entrée prioritaire dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad) n’a finalement pas abouti. A la place, l’association souhaite créer une Sicav de silver economy et «négocie actuellement des conditions privilégiées d'accès à certains services lors de l’entrée [des adhérents] dans une maison de retraite».

L’association Gaipare (50.000 adhérents), partenaire d’Allianz, espère elle doubler sa poche d’actifs réels. Celle-ci représente aujourd’hui 1% seulement de son portefeuille de 3,971 milliards d’euros au 30 novembre 2016. Gaipare privilégiera les infrastructures, «qui sur le long terme fournissent des revenus récurrents avec 3,5 à 4% de rendement et peu de volatilité», a souligné Olivier Fouchet, responsable de la stratégie des investissements obligataires, actions et dérivés d’Allianz France.

Pour 2016, le rendement net du fonds euros de l’Afer s’est établi à 2,65% et celui du Gaipare à 2,90%. Les deux associations ont doté leurs provisions de participation aux bénéfices (PPB) de respectivement 25 et 12,5 points de base, soit 106 millions et 3,54 millions d’euros.