Portrait

Antoine Delon, les copains d’abord

Au-delà de son ambition de devenir le leader de l’épargne en ligne avec Linxea, Antoine Delon ne manque jamais de rappeler sur qui il a pu s’appuyer dans les moments déterminants de son parcours. « Une vraie success story entrepreneuriale ».
bruno levy

Alors qu’il n’a aucun lien de sang avec le célèbre acteur, il ne se cache pas de profiter de l’avantage que lui procure son nom de famille. « Au moins les gens se souviennent de moi », s’amuse le dirigeant. La porte de son bureau franchie, la photographie d’un lionceau mordant la queue d’un lion adulte dans le parc de Masaï Mara s’impose aux visiteurs. L'animal, mâchoire ouverte, rugit de rage. « Ce lionceau, c’est Linxea. L’animal adulte représente les acteurs plus traditionnels du monde de l’épargne », lance l’entrepreneur.

Antoine Delon est président de Linxea, une plateforme de distribution de solutions d’épargne digitale. Depuis l’avenue Hoche, le patron du courtier en ligne veille au bon développement de sa « pépite » et au suivi des 80.000 épargnants qui lui font confiance. Ils étaient 18.000 lorsque Yves Conan et lui rachètent la compagnie en 2016. Un vrai empire – en cours de construction.

Linxea est bien connu dans le monde de l’épargne. « C’est une vraie success story entrepreneuriale », admet un concurrent. « Nous voulons devenir le leader de l’épargne digitale en France », indique le président.

Voué à suivre les pas de son père médecin, Antoine Delon atterrit finalement dès son plus jeune âge aux côtés de Patrick Mermillod, ancien directeur de Boch France. Lié d’amitié avec le fils du dirigeant, il trouvera en cet homme un mentor. Une première rencontre qui, des années plus tard, deviendra une source d’inspiration, une connaissance à qui l’on demande conseil.

L’anecdote est à l’image de sa carrière. La vie étant faite de rencontres, le dirigeant fait ses preuves, garde contact, se lie d’amitié et sait rester fidèle à ceux qu’il appelle ses « amis professionnels ». Après les heures de bureau, il n’est pas rare de le retrouver attablé au bistrot Paul Chêne du 16e ou en train de siroter un verre de vin rouge dans le quartier Etienne Marcel. Ses concurrents voient d’ailleurs en lui « un très bon professionnel », « reconnu dans le monde de la gestion de patrimoine ». Certains vont même jusqu’à le décrire comme un « malin », « à l’affût des bonnes affaires ».

Des rencontres successives

Pourtant, rien ne le destinait à l’entrepreneuriat. Jeune diplômé tourmenté, le Neuilléen de naissance débute au sein de la compagnie de conseil Altran en tant que chargé de développement commercial. Jean-David Hass, fondateur de Nextstage AM, lui soufflera l’opportunité. Il fait rapidement le tour du poste et son œil flâneur refait des siennes. En parallèle, la bande de copains issue de l’EM Lyon, où il a étudié, est majoritairement en poste à la Société Générale. La compagnie au logo rouge et noir souhaite développer son activité auprès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) et recherche un junior. Laurent Besnainou, alors responsable desk France à la Société Générale, lui émet l’idée. Bingo.

De cette opportunité, Antoine Delon fera naître Adequity, une marque de produits financiers destinée aux CGPI. « Je me suis éclaté durant ce processus de création, explique, passionné, le président de Linxea. Cela a été la base de ma vie professionnelle. J’ai recruté des gens, dont Yves Conan qui est mon associé aujourd’hui, et d’autres comme Frédéric Despagne, Etienne Roesch (…) Nous étions une dream team. »

Assoiffé d’expérience, Antoine Delon, prend la porte non sans le cœur lourd. A son départ, Yves Conan le suit. Ensemble, ils intègrent Morgan Stanley, une banque américaine dont les connaisances du marché tricolore étaient à peaufiner. « Nos entretiens d’embauche se sont traduits par la présentation d’un business plan, dépeint Antoine Delon. La conclusion a été que nous prévoyions au bout de cinq ans d’être dans les cinq premiers émetteurs de produits structurés en France. Nous avons eu les postes et nous l’étions au bout de trois. »

« Lorsque nous avons constaté [Yves Conan et lui-même] que nous y étions parvenus par deux fois en partant de rien ou de peu, c’est à ce moment-là que nous nous sommes demandé quel type de compagnie nous pouvions reprendre sur le marché afin de nous lancer. »

C’est finalement Yves Conan qui déniche « la pépite ». Le tandem se lance solo ! Mais pour garder les pieds sur terre, c’est avec sa famille qu’Antoine Delon se ressource – le week-end. Parisien dans l’âme, il supporte le Paris-Saint-Germain sans relâche « et depuis longtemps », tient-il à préciser. Pour autant, c’est lors d’un match de squash ou sur un 18 trous, partagé avec un de ses trois enfants ou en solo, que l’homme d’entreprise décompresse. « Ce sport m’a rendu fou.

C’est un sport de gens qui vont jusqu’au bout des choses, c’est une super école de la vie. » Capitaine de l’équipe de France amateur de golf, il a mené son équipe aux Championnats du monde organisé fin août. Les Français finiront à la sixième place, à dix coups des vainqueurs italiens. Une passion qu’il a transmise à une de ses filles qui pourrait bien s’envoler outre-Atlantique pour perfectionner son swing.

Meneur d’hommes, il a su se distinguer sur le marché de l’épargne. Loyal en affaire comme dans la vie, l’amoureux du sud-ouest – région qui lui a permis de rencontrer sa femme à 18 ans – passe toutes ses vacances en compagnie de son cercle familial. Sur le plan professionnel aussi, il réplique sa philosophie de vie. « J’ai beaucoup de chance. J’ai encore des relations extraordinaires avec les personnes avec qui j’ai travaillé, allant de la Société Générale à Morgan Stanley, mais aussi mes amis de l’EM Lyon (…) » Conscient de son succès, le président de Linxea n’en démord pas, le soutien des siens lui « donne de la force ».


LE PROFIL...

Né à Neuilly, Antoine Delon continue ses études à Nanterre et met le cap pour le sud-est. Après des études au sein de l’EM Lyon et une première expérience professionnelle, il intègre la Société Générale, puis Morgan Stanley, avant de racheter Linxea, une plateforme d’épargne digitalisée.