Actus France

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«  Les taux américains à 10 ans touchent un niveau qu’on associerait plus spontanément à une économie flirtant avec la récession ou la déflation  »

Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo BHF

 

L’actionnariat salarié, une digue en attendant que la crise reflue

Non seulement l’actionnariat salarié en France n’a que peu reculé pendant la crise, mais les entreprises qui y ont recours ont dégagé un meilleur résultat d’exploitation. Eres, dans son panorama de l’actionnariat salarié 2021 basé sur le SBF120, met en exergue ce levier de motivation qui semble constituer une digue en période de crise. Les 65 entreprises qui n’avaient pas effectué d’opérations entre 2018 et 2019 ont vu leur résultat d’exploitation par salarié chuter lourdement, de 182 %. Celles qui ont fait une opération la contiennent à -68 %, tandis que celles qui ont réalisé deux opérations ou plus limitent la casse à -14 %.

En 2020, 33 opérations collectives ont été menées par 31 entreprises du SBF12, sous forme d’augmentation de capital ou de cessions d’actions. C’est moins qu’en 2019 (41 opérations) mais plus que la moyenne historique (31). Le volume total des opérations atteint 2,5 milliards d’euros, soit 4.540 euros par salarié souscripteur, dans la moyenne des années précédentes.

Les taux de souscriptions restent également stables : 42 % des salariés éligibles ont souscrit 60 % des actions proposées. Près de deux salariés sur cinq sont actionnaires, pour une part moyenne du capital détenu à 2,4 %, soit 54 milliards d’euros d’actifs au total (20.643 euros par salarié). La stratégie est presque toujours gagnante pour les salariés - dans 81 % des cas avec le dividende et la décote - pour un gain de 106 % sans abondement, et 291 % avec abondement.

 

SCPI : le rebond se confirme

Pour la pierre-papier aussi, la sortie de crise se profile ! L’Aspim et l’IEIF (1) ont publié mardi 20 juillet les chiffres des supports immobiliers non cotés du deuxième trimestre.

Côté SCPI, la reprise de la collecte se confirme : elle est en hausse de 16 % par rapport au trimestre précédent, pour un total de 1,95 milliard d’euros. « Si la reprise est plus difficile pour certains gestionnaires adossés à des groupes bancaires, la plupart des réseaux ont déjà retrouvé les niveaux de collecte d’avant crise sanitaire », a commenté Jean-Marc Coly, président de l’Aspim. Dans le détail, les SCPI « bureaux » continuent de capter la majorité des flux (53 % contre 52 % au premier trimestre). Suivent les SCPI « santé et éducation » malgré une légère baisse (23 % contre 27 % au premier trimestre) et les « diversifiées » (16 %). Les SCPI « logistique et locaux activité » ont capté 4 % de la collecte (contre 3 % au premier trimestre). Enfin, les SCPI « commerces » plafonnent toujours à 2 %, ainsi que celles investies en hôtellerie et tourisme, qui ne redécollent toujours pas (0 %).

Du côté des OPCI en revanche, c’est la soupe à la grimace. Leur collecte du second trimestre s’est effondrée à 49 millions d’euros, alors qu’elle atteignait 190,6 millions d’euros au trimestre précédent. Selon l’Aspim et l’IEIF, le marché avait bénéficié du lancement de deux nouveaux produits, qui avaient attiré 49 millions d’euros.

A noter que les SCPI labellisées ISR représentent 12 % de la capitalisation totale au 30 juin 2021. Elles ont par ailleurs capté 21 % de la collecte nette du second trimestre. Trois SCPI et trois OPCI grand public ont obtenu la labellisation ISR au cours du second trimestre.

(1) Association française des Sociétés de Placement Immobilier / Institut de l’épargne immobilière & foncière

 

Une facture toujours salée sur les UC pour les épargnants

De 2,10 % à 3,10 %. Telle est d’après la synthèse du benchmark 2021 des frais internes aux unités de compte (UC) de Good Value for Money, la fourchette des frais annuels supportés par l’épargnant (1). Le comparateur y inclut les frais de gestion fixes du contrat, en moyenne à 0,90 %, comme les frais courants prélevés par les sociétés de gestion au sein de chaque UC.

Les frais de gestion courants sont en légère baisse par rapport à 2020, de deux centimes à sept centimes selon la classe d’actifs. Une diminution que Good Value for Money attribue à la pression concurrentielle couplée avec des obligations accrues de transparence sur les frais.

Avec les parts dite « clean share », l’addition est moins salée puisque les montants annuels maximums correspondent aux montants minimums avec les UC classiques (2,10 %), et peuvent descendre jusqu’à 1,50 %. Enfin, la gestion indicielle est encore plus intéressante pour l’épargnant puisque les frais totaux sont en moyenne de 1,30 %.

 

Les banques françaises perdent la partie face au régulateur européen

La Cour de justice européenne a donné raison à l’Autorité bancaire européenne (ABE), sur un contentieux qui l’opposait depuis plusieurs années à la Fédération bancaire française (FBF). Le gendarme européen avait émis des recommandations en 2016 sur la vente de produits bancaires, pour qu’ils soient conformes à l’intérêt du client.

La FBF avait contesté ces demandes, relayées en France par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Elle avait introduit un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, lequel avait ensuite renvoyé le dossier à la Cour européenne. Le Conseil d’État devrait prochainement statuer sur le recours formé par la FBF, selon un communiqué de l’ACPR.

 

Les Français prêts à payer plus cher pour un logement écologique

La transition énergétique du secteur immobilier se fait à marche forcée. Le gouvernement met la pression sur les professionnels et les propriétaires. Depuis le 1er juillet dernier, le nouveau Diagnostic de performance énergétique (DPE) est entré en vigueur et est devenu opposable. Mais surtout, députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le texte de la loi climat et notamment son chapitre sur le logement qui prévoit l’interdiction progressive de la location des passoires thermiques. Alors que les associations professionnelles dénoncent un calendrier « irréaliste » (voir interview en page 6), les propriétaires semblent emboîter le pas du gouvernement dans la « verdisation » accélérée de l’immobilier, car ils sont de plus en plus demandeurs de logements écologiques.

L’agence immobilière en ligne Liberkeys vient de publier une étude qui témoigne de leur appétit grandissant pour les logements verts (1). Ainsi, 84 % des Français estiment que l’indice DPE est un critère important dans le choix de leur logement et souhaiteraient un bien noté au maximum C. De fait, 45 % d’entre eux se disent prêts à dépenser au moins 6 % de plus pour un bien qui satisfait leurs critères et même un tiers d’entre eux se dit prêt à payer 20 % plus cher un logement moins énergivore.

(1) : Etude Poll&Roll pour Liberkeys réalisée auprès de 1.000 répondants représentatifs de la population 18 ans et plus française entre le 25 et le 29 juin 2021.

 

52,62 %

Selon Our World In Data, au 11 juillet, le taux de vaccination de la population française est inférieure au taux moyen de la zone euro à 53,94 %. C’est également moins qu’en Allemagne (58,02 %), Espagne (58,89 %), Italie (59,28 %) ou au Royaume Uni (67,59 %).